Un roi qui fuit, une Espagne qui meurt ?

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Juan Carlos I © (Aleph). Edit by Thermos

Cet article a initialement été publié par Javier Franzé dans la revue argentine Nueva Sociedad. Il offre un regard critique sur le régime de la transition démocratique issu de la chute du franquisme. La traduction a été réalisée par Nikola Delphino, Lou Plaza, Corentin Dupuy, Mailys Baron, Marine Lion et Rachel Rudloff.

La fuite d’Espagne du roi permet de reconsidérer la Transition démocratique en tant que telle, inaugurée à la fin de la dictature de Francisco Franco. Couronné par le dictateur, Juan Carlos a fini par être, de manière paradoxale, le roi d’une démocratie initialement légitimée par le bien-être et la modernité. Mais le règne de Juan Carlos appartient désormais au passé, le discours de la Transition s’affaiblit et la « forme de l’Espagne » apparaît une nouvelle fois comme un sujet épineux, qui se superpose à la question sociale, soulevée à son tour par les crises.

La crise de la fuite d’Espagne du roi Juan Carlos Ier, impliqué dans des affaires de potentielle corruption, vient remuer un des traumatismes qui, enfouis, ont permis d’éclairer des zones d’ombres de l’Espagne démocratique de la Transition. En effet, en Espagne, le débat monarchie-république se superpose au problème non résolu démocratie-dictature. La démocratie ne

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