À Medellín, le développement malgré l’ombre d’Escobar

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Passée en à peine vingt ans de « ville la plus dangereuse du monde » à « ville la plus innovante », Medellín a connu un redressement économique, social et urbain admirable. L’amélioration des conditions de vie, fruit de politiques publiques efficaces, a rendu possible l’arrivée de nombreux touristes dans la ville ces dernières années. Mais à l’heure où Medellín tente de refermer les plaies d’une horrible guerre interne menée par Pablo Escobar, elle se retrouve toujours hantée par la figure du célèbre narco-trafiquant.

« Ce quartier-là, c’était l’un des plus dangereux du monde il y a trente ans ». Chauffeur de taxi âgé d’une cinquantaine d’années, Jorge connaît Medellín comme sa poche. À l’heure de raconter l’histoire du quartier de Zamora, théâtre de milliers d’homicides entre les décennies 1970 et 1990, sa voix ne trépigne pas. Comme s’il récitait un poème, il ne laisse transparaître aucune émotion. Cette insécurité, Jorge l’a vécue durant de nombreuses années, et lui-même est sans doute passé près de la mort à plusieurs reprises. Cette double décennie qui a marqué toute une génération de paisas – nom des habitants de la région – correspond au règne sans partage d’un homme sur la ville : Pablo Escobar.

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