Antonio Gramsci : « Américanisme et fordisme »

Le texte présenté ici est tiré des Cahiers de prison rédigés par Gramsci durant son incarcération dans la première moitié des années 1930. Si ces textes restent à l’état de fragments, ils n’en constituent pas moins une contribution considérable à l’approfondissement de la théorie marxiste. Les extraits présentés ici dans le cadre de notre série « Les grands textes » sont issus du cahier 22. Parmi les plus cités de l’œuvre de Gramsci, « Américanisme et fordisme » propose de penser à nouveaux frais la dialectique infrastructure/superstructure en interrogeant l’alternance de cycles de puritanisme et de libertinage en lien avec les mutations du mode de production capitaliste. En l’occurrence, Gramsci pointe le rôle de la famille, du contrôle des mœurs et de la prohibition dans l’avènement de l’homme nouveau du capitalisme tayloriste. Inspiré et libre, ce texte conserve toute sa force, près d’un siècle après.

[…] Il faut remarquer que les industriels (et particulièrement Ford) se sont intéressés aux rapports sexuels de ceux qui sont sous leur dépendance et, d’une façon générale, de l’installation de leurs familles ; les apparences de « puritanisme » qu’a pris cet intérêt (comme dans le cas de la « prohibition ») ne doit pas faire illusion ; la vérité est que le nouveau

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