« No pasarán » : en Argentine, le néolibéralisme s’arrête aux portes des usines autogérées

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Nettement moins médiatisée que celle du Venezuela, la crise argentine de 2001 continue non seulement de marquer les esprits de ceux qui ont été les plus touchés mais a aussi pérennisé une forme de lutte ouvrière particulière. C’est en plein chaos économique et social que les reprises d’usine en autogestion par leurs travailleurs deviennent une pratique courante, une possibilité à prendre en compte lors d’une faillite et un véritable questionnement du rapport de forces entre le capital et le travail, jusqu’alors amplement dominé par le premier.

Le cycle néolibéral auquel met fin la crise de 2001 débute sous les sinistres hospices de la dictature la plus violente de l’histoire du pays. Les présidents de facto, Videla et Galtieri, mettent en place un programme d’ajustement structurel avec l’aide des Chicago Boys et le soutien de Washington tout en écrasant le mouvement ouvrier avec l’application d’un terrorisme d’Etat qui s’est soldé par des dizaines de milliers de disparus, préalablement torturés. Parmi eux, des ouvriers syndicalistes, des étudiants, des militants de gauche, des citoyens ordinaires qui avaient eu le malheur de sortir sans leur carte d’identité ce jour-là et même deux jeunes nonnes françaises : autant de victimes qui mettent à mal la

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