Élections en Inde : triomphe du nationalisme hindou

Narendra Modi lors d'une réunion publique à Meerut, 15 février 2014. © Narendra Modi, Flickr
Narendra Modi lors d’une réunion publique à Meerut, 15 février 2014. © Narendra Modi, Flickr

La plus grande démocratie du monde vient d’achever le marathon électoral au terme duquel plus de 600 millions d’Indiens ont choisi celui qui présidera aux destinées de la sixième puissance économique du monde. Le verdict est sans appel : la coalition emmenée par le Premier ministre, Narendra Modi, emporte 353 des 542 circonscriptions en jeu. Il a désormais toute latitude pour poursuivre les orientations définies lors de son premier mandat, entre réformes libérales, investissements dans les infrastructures, affirmation de l’Inde sur la scène mondiale et renforcement de l’identité hindoue du sous-continent. Le parti du Congrès est décimé [ndlr : principal mouvement d’opposition, le parti du Congrès a dominé la vie politique indienne de l’indépendance jusqu’à l’élection de Narendra Modi en 2014].

Une Inde s’éteint. Une autre émerge. Celle-là se pensait comme un creuset de civilisations, unie par une constitution qui proclame la sécularité de l’État indien et garantit des protections particulières aux minorités autant qu’aux couches populaires, notamment les ex-intouchables et les populations tribales. Celle-ci brandit fièrement l’hindouisme, fondement de sa civilisation et ciment de son identité, pense-t-elle.

Celle-là était mue par un nationalisme civique ayant pour ambition de constituer une puissance souveraine qui promeut la paix et le multilatéralisme. Celle-ci

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