Jean Jaurès : « La patrie, c’est la multiplication de l’âme individuelle par l’âme de tous »

Qu’est-ce qui fonde la patrie ? Réfutant tout à la fois les points de vue de ceux qui prétendent l’abolir et de ceux qui l’abaissent en tentant de se l’approprier, Jean Jaurès consacre quelques-unes de ses plus belles lignes à l’idée de patrie. Dans sa collection « Les grands textes », LVSL vous propose de découvrir ces extraits choisis tirés du dixième chapitre de L’armée nouvelle, ouvrage de Jean Jaurès paru en 1911, trois ans seulement avant sa mort.

L’apparente crise de l’idée de patrie est une crise de croissance. Anatole France se trompe quand, dans l’introduction à la Vie de Jeanne d’Arc, il appuie la patrie sur la propriété foncière, quand il croit qu’elle n’a de sens et de valeur que pour ceux qui possèdent le sol. L’histoire des patries déborde en tous sens cette définition étroite (…) Il serait enfantin d’imaginer que les prolétaires, les ouvriers des faubourgs ou des sombres rues du centre de Paris, quand ils se passionnaient pour la Révolution, quand ils donnaient leur sang pour elle, étaient conduits par l’appât de quelques miettes de terre qui, un jour peut-être seraient distribuées aux vétérans de la patrie, ou même par l’espérance définie d’une participation précise à une forme

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