Jean Jaurès : « Pour un socialisme douanier »

Le 17 février 1894, Jean Jaurès prononce à la Chambre des députés un discours passé à la postérité sous le nom « Pour un socialisme douanier ». Tandis que la France est confrontée à une importante crise agricole, la question du relèvement des droits de douane sur les importations de blé est soumise au débat. S’il dénonce le point de vue libre-échangiste, Jaurès combat également le protectionnisme de façade qui aura – selon lui – pour principale conséquence l’enrichissement des spéculateurs français. À ces deux conceptions, il oppose la vision d’un protectionnisme abouti, laissant toute sa place à un État régulateur capable d’organiser l’économie, l’acheminement des denrées et leur distribution. Parce qu’il aborde les questions du libre-échange, des travailleurs étrangers, des frontières et du rôle de l’État dans la planification de l’économie, ce discours, que nous reproduisons dans notre série « Les grands textes », conserve une brûlante actualité. Retranscription : Guillemette Magnin et Leo Rosell.

M. JAURÈS. – Je ne puis pas, à mon grand regret et à ma grande confusion, promettre à la Chambre d’être très bref ; j’ai besoin de lui demander toute sa patience. (Parlez !)

Je crois en effet que c’est la première fois qu’une solution socialiste est proposée dans une question

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