L’anomalie de la gauche italienne, entre scission et déjà-vu ?

Nous publions ici un article de Loris Caruso paru initialement le 2 décembre 2017 dans la revue italienne Senso Comune.

Comment se fait-il que la gauche italienne, qui fût un temps la plus grande et la plus influente d’Europe, soit devenue aujourd’hui la gauche la moins puissante du continent ? Comment se fait-il que l’Italie demeure le pays européen incapable faire naître des projets à la fois novateurs et mobilisateurs ?

Aux racines du mal : la compromission avec les forces gouvernementales néolibérales

Ce sont des questions qui vaudraient la peine d’être étudiées. Le spectacle qu’a donné la gauche italienne au cours de ces derniers mois, mais plus généralement dans la dernière décennie, impose une réflexion, et cela peu importe le résultat des prochaines élections législatives.

Gramsci était convaincu que la réduction de la politique au seul terrain électoral était le premier indicateur de sa crise organique. Depuis dix ans, la gauche italienne n’a rien fait d’autre que d’essayer de se reconstruire sur le terrain électoral, sans y réussir. Au contraire, elle s’est engagée dans des positions toujours plus paradoxales. Pourquoi ? On peut y répondre par quelques hypothèses qui devront toutefois être

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