Laurent Joly : “Le moteur de la politique de Vichy était bien la collaboration”

©JF PAGA

Une offensive mémorielle a eu lieu ces derniers mois à propos de la mémoire du régime de Vichy et de la nature de la collaboration. Eric Zemmour, en particulier, a cherché à faire passer Pétain pour un protecteur des Français et des Juifs, dans un contexte extrêmement difficile. Qu’en est-il réellement ? Entretien avec l’historien Laurent Joly.

LVSL – On s’étonne presque que la question de la mémoire de Pétain ait ressurgi, mais une série de polémiques, liées à Éric Zemmour et à Emmanuel Macron, ont remis la question sur le tapis. Comment expliquez-vous que la question se pose encore aujourd’hui ?

Cela fait exactement quarante ans que la mémoire de Pétain, mêlant souvenir de la déportation des juifs et commémoration du « vainqueur de Verdun », pose problème aux présidents de la République. C’est le cas depuis 1978 et l’affaire Darquier de Pellepoix (entretien scandaleux de l’ancien commissaire général aux Questions juives au journal L’Express : « À Auschwitz, on a gazé que des poux »). Il était difficile, dans ces conditions, de célébrer le maréchal Pétain le 11 novembre 1978, pour le soixantième anniversaire de la victoire. Le président Giscard d’Estaing s’était fendu d’un discours évoquant les démons du racisme tandis qu’une cérémonie à la

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