« L’ENA est devenue un moule à pensée unique » – Entretien avec Marie-Françoise Bechtel

©Clément Tissot

Dans un contexte politique marqué par les élections européennes, la privatisation d’Aéroports de Paris et l’annonce de la suppression de l’École Nationale d’Administration, nous avons souhaité donner la parole à Marie-Françoise Bechtel. Directrice de l’ENA de 2000 à 2002, elle-même issue de la promotion Voltaire, ex-conseiller d’État et députée de l’Aisne entre 2012 et 2017, elle est aujourd’hui vice-présidente du club politique République Moderne. Avec elle, nous avons parlé de la place qu’occupent les services publics dans la tradition française, du rôle historique de l’État dans notre pays et des problèmes que pose aujourd’hui la formation des élites. Entretien réalisé par Antoine Cargoet, retranscrit par Dany Meyniel.

LVSL – Avec République Moderne, vous êtes à l’origine d’une campagne demandant la constitutionnalisation des services publics ; en quoi sont-ils, selon vous, partie intégrante de l’identité française ?

Marie-Françoise Bechtel – Je pense que l’idée de citoyenneté française a demandé dès l’origine une incarnation concrète. Celle-ci a été trouvée dans l’idée de laïcité, mais aussi dans le premier tiers du XXème siècle dans la notion du service public. C’est-à-dire dans une sorte de traduction de ce que pourrait être concrètement la cohésion nationale, exprimée avec beaucoup de force et de densité à travers

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