Comment les émotions ont fait la Révolution (1789-1795)

La Révolution française est le lieu des émotions les plus extrêmes. Quel autre moment historique, en effet, peut se prévaloir de concentrer une telle densité émotionnelle ?  Les émotions sont associées au peuple et le peuple est coupable de la Terreur, de la guerre de Vendée. Il est en proie à toutes les émotions les plus extrêmes, de la peur à la joie, de la jouissance à la colère et porte la responsabilité des pires excès. De cette lecture effectuée par les contemporains comme par les auteurs qui se sont par la suite intéressés à la Révolution, naît chez beaucoup une condamnation des passions et l’aspiration à vouloir les contenir. Derrière le bannissement des passions, pourtant, c’est la mise à distance du peuple qui se dessine. Comment douter, dès lors, que leur réhabilitation puisse entraîner le réveil de l’Histoire ?

La récente sortie en salles du film de Pierre Schoeller Un peuple et son Roi tranche avec les représentations habituellement proposées de la Révolution française en ceci qu’il donne à voir les événements du point de vue de héros populaires. Le peuple n’y est plus représenté comme une masse informe de personnes confondues au sein d’une foule irrationnelle et dangereuse. Le réalisateur en

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter