Flux de données contre pouvoirs publics

Les situations de déliquescence des données ouvertes questionnent le rôle de l’acteur public. Doit‑il produire de la donnée uniquement pour ses propres besoins ou prendre en considération les besoins externes d’entreprises privées ? Dans le premier cas, il laisse le champ libre à d’autres acteurs pour produire des données qui nourriront les services numériques développés sur son territoire. L’établissement de ces conventions d’équivalence n’est alors plus l’apanage de l’État ou des acteurs publics. Il est pris en charge par des acteurs privés qui imposent leur représentation de l’espace urbain au risque, pour les acteurs publics, d’une perte de maîtrise de leurs politiques publiques. C’est la thèse d’Antoine Courmont, qui vient de publier aux Presses universitaires de Grenoble (PUG) Quand la donnée arrive en ville – open data et gouvernance urbaine. Antoine Courmont est chercheur associé au Centre d’études européennes de Sciences Po et responsable scientifique de la chaire Villes et numérique de l’École urbaine de Sciences Po. Il enseigne à Sciences Po Paris. Les lignes suivantes sont extraites de son ouvrage.

Cette situation est manifeste dans le secteur de la mobilité où des entreprises telles que Waze ou Here ont développé leur propre cartographie routière1. Or celles‑ci s’appuient sur des conventions

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