L’OMS sous perfusion des philanthropes

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Le secrétaire Sebelius à la 67ème Assemblée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) © United States Mission Geneva

Depuis sa création, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est sujette à des critiques quant à sa gestion des crises. Ses réactions sont souvent jugées trop précipitées, ou trop laxistes. Ces décalages décisionnels résultent du poids des États membres ou de celui de riches fondations dans le fonctionnement de l’institution. Depuis les années 1980, l’OMS s’est adaptée aux idéologies dominantes et a dû peu à peu, par la contrainte financière, intégrer le secteur privé dans ses prises de décisions. Un choix lourd de conséquences. Par Rodrigue Blot et Jules Brion. 

Le changement de paradigme opéré par l’OMS

En 1919, l’Organisation d’Hygiène se structure sous l’égide de la fondation Rockefeller et de la Société Des Nations (SDN). Réaction directe à la Grippe Espagnole, l’institution a l’ambition de coordonner les actions de ses pays membres pour renforcer les systèmes de santé mondiaux. L’OMS moderne naîtra elle en 1948, 3 ans après l’adoption de la Charte des Nations unies. L’organisation tire alors la majorité de son financement des contributions fixes de ses États membres. En pleine guerre froide, les États-Unis et l’Union Soviétique se livrent une bataille d’influence dans le domaine humanitaire. Les uns tentent d’éradiquer la malaria tandis

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