« Macron n’est pas le fossoyeur de la Françafrique mais son continuateur » – Entretien avec Thomas Dietrich

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec le chef d’État ivoirien Alassane Ouattara © Capture d’écran RTI

L’actualité est particulièrement tumultueuse en Afrique. Au Mali, un coup d’État a fait tomber un régime rejeté par la population le 18 août dernier. En Guinée, la réélection d’Alpha Condé en octobre, pour un troisième mandat, a été contestée. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a également été réélu pour un troisième mandat, alors que les élections étaient boycottées par l’opposition. Au Tchad, un « Forum Inclusif National » proposé par le président Maréchal Déby voulait parer aux nombreuses contestations contre le régime. Thomas Dietrich, ancien haut fonctionnaire et journaliste au Média, nous livre ses analyses quant à la reconfiguration de la Françafrique dans ces pays. Entretien réalisé par Tangi Bihan et Etienne Raiga-Clemenceau, retranscrit par Dany Meyniel et Cindy Mouci. 

LVSL – Au Mali, la présence militaire de la France était contestée par le Mouvement du 5 juin. Pourtant après le coup d’Etat le nouveau gouvernement n’a pas remis en cause cette présence et l’a même confortée, comment peut-on l’expliquer ? Thomas Dietrich – Le Mouvement du 5 juin (M5) était le mouvement de contestation contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). La France voulait sauver IBK et le M5 a été discrédité : on a pu lire dans la presse française qu’il était composé de djihadistes, alors qu’il

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter