Mai 68 : “sous les pavés, l’entreprise” ?

Le parcours de Daniel Cohn-Bendit serait-il symptomatique de l’héritage de Mai 68 ? Emmanuel Macron serait-il l’héritier direct des “événements de Mai”, ainsi qu’on a récemment pu le suggérer ? Ce mouvement contenait-il en son sein des germes de libéralisme ? C’est une interprétation courante de la contestation que Michel Albert, commissaire au Plan sous le gouvernement Raymond Barre, formulait en ces termes : sous les pavés, il y avait l’entreprise. Cette vision des événements de Mai, qui fait sourire lorsqu’elle est formulée en ces termes, n’est pas dénuée de toute pertinence. Si Mai 68 fut d’abord et avant tout une révolte sociale d’une ampleur inédite dirigée contre les inégalités sociales et les bas salaires, contre le capitalisme, le monde de l’entreprise et la société de consommation, force est de constater que “l’esprit de Mai” a été partiellement récupéré par ce qu’il était censé détruire. Ce que l’héritage de Mai 68 illustre avant tout, c’est finalement la formidable capacité du capitalisme à absorber sa contestation, à marchandiser son opposition, et en dernière instance à se nourrir des armes dirigées contre lui.

Cette interprétation des événements de Mai 68 est défendue aussi bien par des courants libéraux que par

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