Méditerranée orientale : la valse des puissances

Vendredi 24 juillet Recep Tayyip Erdogan assistait à la première prière musulmane au sein de la basilique Sainte-Sophie depuis sa reconversion en mosquée, date qui ne doit rien au hasard puisque, le même jour, 97 ans plus tôt, avait lieu la signature du traité de Lausanne qui fixait alors les frontières modernes de la Turquie, aujourd’hui contestées. La semaine dernière, c’était au tour de l’église Saint-Sauveur-in Chora de « s’ouvrir au culte musulman ». Ces reconversions n’ont rien d’anodin et constituent le sismographe de la dégradation des relations de la Turquie avec l’Union européenne, et plus particulièrement avec la Grèce.

Tension greco-turque en mer Égée

Voila plusieurs années que la Turquie d’Erdogan développe une stratégie de puissance à l’échelle régionale, dans la plus stricte application de la doctrine de la « patrie bleue », elle compte se libérer de ce qu’elle considère être un « emprisonnement à l’intérieur de ses rivages ». Ce désenclavement est devenu d’autant plus crucial cette dernière décennie que la zone de la Méditerranée orientale, qui s’étend de Chypre, à l’ouest, jusqu’aux côtes asiatiques à l’est, recèlerait plus de 5500 milliards mètres cubes de gaz[1]. La petite île grecque de Castellorizo, que quelques kilomètres seulement séparent de la cité

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