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Le gouvernement nationaliste indien de Narendra Modi a annoncé unilatéralement le 5 août dernier la fin du statut d’autonomie du Cachemire, statut qui prévalait depuis 1949 dans cet état indien à majorité musulmane. Depuis cette annonce, toutes les communications avec l’extérieur y ont été coupées et les Cachemiriens vivent dans un isolement total. Les relations avec le Pakistan voisin s’enveniment dangereusement, celui-ci venant de rappeler son ambassadeur à Delhi et de rompre l’ensemble des relations commerciales avec l’Inde. Pour tenter de mieux cerner les origines de cette décision explosive, et la stratégie actuelle du gouvernement Modi, nous avons interrogé Christophe Jaffrelot, un des meilleurs spécialistes français du sous-continent indien et de sa classe politique. Propos recueillis par Benjamin Joyeux.


 

Le Vent Se Lève – Quelles sont les principales leçons à tirer des dernières élections législatives indiennes d’avril-mai de cette année, marquées par une nette victoire du parti du Premier Ministre sortant Narendra Modi ?

Christophe Jaffrelot – La principale leçon est que Narendra Modi a réussi à se réinventer alors qu’il avait subi des revers sérieux en 2017 et 2018, en perdant notamment au Madhya Pradesh, au Rajasthan et au Chhattisgarh. Il s’est réinventé sur un terrain jusqu’alors inexploré (il avait été élu sur un agenda plutôt économique en 2014) en jouant la carte sécuritaire et ethno-nationaliste vis-à-vis du Pakistan, suite à l’attentat de Pulwama perpétré au Jammu-et-Cachemire en février 2019 et qui avait fait 41 morts[1]. Modi avait pu alors ordonner des frappes côté pakistanais, ce qui avait littéralement créé une « hystérie nationaliste » sur laquelle il a surfé jusqu’au scrutin d’avril dernier.

Il y a chez le national-populiste qu’est Modi une sorte de répertoire le faisant passer du populisme socio-économique au national populisme ultranationaliste lui ayant permis de refaire pratiquement la performance d’il y a cinq ans. Il y a très peu de différences en termes de sièges entre 2014 et 2019.

La 2e leçon est que les institutions qui sont censées garantir la régularité des scrutins en Inde, et notamment la commission électorale, sont de plus en plus fragiles. On les a vu céder sous les coups de la majorité. Par exemple, il y a eu un dépassement du plafond des dépenses du côté du BJP[2] et la majorité n’a rien dit.

D’ailleurs, ceci constitue une 3e leçon de cette élection : le rôle de l’argent y a été sans précédent. Les évaluations les plus fiables disent que l’on a dépensé plus de 7 milliards de dollars lors des dernières élections indiennes. C’est plus que les élections américaines de 2016, pourtant les plus chères de l’histoire. La plupart de cet argent a été dépensé par le BJP qui a reçu des dons de la part des hommes d’affaires. On est désormais dans une situation très préoccupante où l’argent tend à faire l’élection. A ce point-là, c’est un phénomène nouveau.

Une des dernières leçons à tirer de ces élections est le rôle des médias en faveur de Modi. D’abord la télévision, avec la plupart des chaînes qui appartiennent à des hommes d’affaires ayant besoin de la bénédiction du pouvoir pour faire tourner leurs activités industrielles. Les salles de rédaction ont été soumises à de très fortes pressions lorsqu’elles traitaient du gouvernement. On a vu la complaisance des médias se traduire par quantité d’entorses à l’éthique journalistique : pratiquement aucune question qui dérange dans les interviews, aucune conférence de presse – ce qui est devenu la règle -, etc. A côté de cela, il y a les médias sociaux qui constituent une arme redoutable pour tous les populistes, et pour Modi en particulier. On a ainsi vu des « trolls », des spécialistes de la désinformation, qui sont payés, voir salariés du BJP, et qui s’en sont donnés à cœur joie, en prétendant par exemple que Rahul Gandhi[3] était un musulman, que sa circonscription était à majorité musulmane, que le parti du Congrès lorsqu’il était au pouvoir traitait les djihadistes comme des gens respectables, etc. C’est ridicule, mais ça sature l’espace public, créant une atmosphère qui finit par avoir un effet délétère.

LVSL – Quels sont désormais les nouveaux rapports de force au sein du champ politique indien ?

C.J. – Le BJP est maintenant dans une situation hégémonique, qui tient au fait qu’il a remporté 300 sièges à la chambre basse[4] mais également qu’il a réussi à déstabiliser l’opposition, notamment à la chambre haute[5], où il n’a pas la majorité mais où il parvient maintenant à faire voter pour lui des partis régionaux. Des partis qui sont à la tête d’Etats de l’Union indienne et qui reconnaissent la force de ce pouvoir viennent d’être reconduits dans ces fonctions. Ils négocient alors des échanges de bons procédés. A la chambre haute, il n’y a plus la résistance qu’on avait pu observer jusqu’alors. Le BJP vient ainsi de faire passer des lois draconiennes, comme une loi antiterroriste très liberticide à la chambre haute avec l’appui de partis régionaux qui étaient avant dans l’opposition. C’est un changement considérable qui témoigne de l’hégémonie grandissante du BJP. A cela s’ajoute que le parti du Congrès est sorti désuni et éreinté des élections. Cela se traduit par des transferts de députés du Congrès qui passent au BJP au niveau des Etats. Cela a fait perdre la coalition du Congrès au pouvoir dans l’Etat du Karnataka au profit du BJP. On va observer un peu partout ce phénomène, comme dans l’Etat du Maharashtra.

Dans les assemblées, et même au Parlement national, des gens du Congrès votent désormais avec le BJP. On l’a vu avec la transformation du statut du Cachemire qui n’a pas entraîné un rejet général. Si Rahul Gandhi a refusé cette décision, d’autres membres du Congrès l’ont approuvée. C’est ce qu’on a pu également observer avec la loi antiterroriste.

C’est donc une hégémonie au carré : il y a d’une part un parti dominant qui est plus fort qu’avant, et d’autre part une opposition en miettes.

LVSL – Quelles sont du coup les principales priorités de la majorité actuelle ?

C.J. – On peut citer ce qui relève du sécuritaire et de l’ethno-nationalisme qui va de pair. Le BJP a réussi à l’emporter alors que la situation économique indienne s’était fortement dégradée, grâce à cette campagne anti-pakistanaise très portée sur l’Hindutva[6]. Du coup, le BJP se dit que ce n’est pas forcément la peine de s’échiner à relancer l’économie puisqu’il suffit de surfer sur l’identitaire et le sécuritaire. Cela s’est traduit par une loi antiterroriste calamiteuse qui réduit considérablement les libertés individuelles, et par cette fameuse transformation du statut du Jammu-et-Cachemire qui perd son autonomie spéciale et son statut d’Etat, et devient un territoire de l’Union. Le BJP avait promis d’abolir l’article 370 de la Constitution indienne[7] depuis très longtemps et il l’a fait.

Les autres priorités du même ordre que l’on va voir se développer concernent l’enregistrement des citoyens, en fait la redéfinition de ce qu’est que la citoyenneté indienne : on est en effet en train de recenser ceux qui sont vraiment arrivés depuis très longtemps en Assam[8], dans le Nord-Est, et d’exclure ceux qui n’y sont pas depuis assez longtemps. C’est le début de ce qu’on appelle le National Citizenship Register, qui va aller de pair avec l’amendement du Citizenship Act pour qu’explicitement les musulmans qui ne sont pas indiens mais qui viennent des pays voisins, évidemment principalement en provenance du Bengladesh, soient d’abord parqués dans des camps puis déportés. Cela a commencé et on va voir jusqu’où la majorité est prête à aller. Evidemment, ce serait ennuyeux de s’aliéner le Bengladesh en y renvoyant à tout prix quatre millions de musulmans parlant Bengali. C’est une dimension diplomatique très lourde avec le Bengladesh. Mais sans aller jusque-là, le pouvoir indien va tenter quelque chose, car c’est une priorité, avec l’idée de commencer par l’Assam avant le reste du pays. Cette volonté de recenser les citoyens et de déporter les migrants qui ne sont pas éligibles à la citoyenneté indienne est en train se répandre. Le prochain Etat concerné sera le Bengale-Occidental.

LVSL – Le nouveau gouvernement indien vient donc d’annoncer ce lundi la révocation du statut d’autonomie de la région de Jammu-et-Cachemire, territoire disputé entre l’Inde et le Pakistan et qui était sous statut spécial depuis 1949. Pourquoi maintenant cette décision subite qui semble avoir surpris beaucoup de monde ?

C.J. – C’est en fait lié à trois facteurs. D’abord à la crise économique que l’Inde traverse. Il faut absolument compenser la perte de popularité et de crédit que cela entraîne. C’est une crise sérieuse, tous les indicateurs sont au rouge : investissements, épargne, inflation, roupie, exportations… Donc c’est la meilleure façon de détourner l’attention.

Il y a un deuxième facteur, consistant à répondre à Donald Trump qui s’est mis en tête de faire une médiation entre le Pakistan et l’Inde sur le Cachemire. C’est la meilleure façon de lui imposer une fin de non-recevoir en mettant le Cachemire sous cloche.

Et puis il y a un 3e facteur qui a trait à la situation en Afghanistan, lié à la stratégie américaine. Le départ des troupes américaines d’Afghanistan peut faire craindre aux Indiens que les groupes islamistes actifs là-bas, une fois le retour prévisible des Talibans au pouvoir, ne reprennent le chemin du Cachemire. Ainsi pour éviter cela, on fait en sorte de tout de suite militariser le Cachemire pour empêcher qu’un gouvernement du Jammu-et-Cachemire puisse se montrer plus conciliant.

Ces trois facteurs renvoient à des conjonctures présentes très lourdes.

LVSL – Est-ce que ce n’est pas une stratégie dangereuse de la part du gouvernement Modi, même vis-à-vis des buts qu’il s’est fixés, de se mettre à dos Donald Trump alors qu’entre populistes, ils semblent avoir tout pour s’entendre ?

C.J. – Oui, à ceci près qu’il y a de l’eau dans le gaz entre Trump et Modi. Le nombre de dossiers litigieux entre eux ne cesse d’augmenter : ils sont en proie à une guerre commerciale. Il y a les sanctions contre l’Iran que l’Inde digère très mal, parce que l’Iran était le pays dans lequel l’Inde avait beaucoup investi, notamment dans un port en eaux profondes pour prendre le Pakistan en tenailles et accéder à l’Afghanistan. Là, ils se retrouvent à avoir investi des milliards pour rien. On a vu alors l’Inde se rapprocher de la Russie, voire de la Chine. Il y a peut-être finalement pour l’Inde plus à gagner avec cette dernière qu’avec les Etats-Unis.

Un autre aspect à prendre en compte est que le Congrès américain ne cesse de critiquer la façon dont l’Inde traite ses minorités en général et ses musulmans en particulier. Et l’Inde le vit très mal.

LVSL – Est-ce que cette décision vis-à-vis du Cachemire a été prise subitement comme on a tendance à le présenter dans les médias occidentaux ? N’était-ce pas en fait prévu depuis longtemps ?

C.J. – Oui cette décision est dans les tuyaux depuis longtemps. On est au croisement du temps court et du temps long. C’est parce que les conjonctures étaient propices que ce gouvernement a décidé d’appuyer sur la gâchette à ce moment-là. Je ne sais pas s’il y a de la naïveté de la part des Occidentaux. Il y a une naïveté plus générale de notre part du fait que l’on n’arrive pas à voir l’Inde comme un pays belliqueux, autoritaire, voire suprématiste.

LVSL – Quel rôle joue Amit Shah dans tout cela, le nouveau ministre indien de l’Intérieur à la personnalité controversée ?

C.J. – Amit Shah est homme très secret, difficile à cerner. Modi l’est tout autant d’ailleurs, et tous les deux se ressemblent énormément. Ce sont deux loups solitaires mais qui ensemble forment un duumvirat. Ils sont deux à être seuls. Amit Shah joue en fait deux rôles très importants pour Modi. Il est d’abord l’organisateur hors-pair, celui qui a réformé le BJP et a porté les victoires électorales de 2014 et 2019. Donc c’est un stratège politique à la tête du BJP. Deuxièmement, il joue le rôle de l’homme de la sécurité intérieure. Il était déjà dans cette fonction au Gujarat puisqu’il a été le secrétaire d’Etat à la sécurité intérieure de Modi après le pogrom de 2002[9]. C’est clairement sur ce sujet qu’Amit Shah s’est fait une réputation. Un homme de la sécurité, qui a soi-disant déjoué les complots des djihadistes qui visaient à assassiner Modi, à l’époque chef du gouvernement du Gujarat. On n’a jamais eu la preuve que les musulmans, qui eux ont été assassinés sur les routes, étaient vraiment venus pour faire la peau de Narendra Modi. Mais c’est ce qu’il a dit, pour justifier des exécutions qui visaient à entretenir la peur. C’est la politique de la peur tellement répandue dans tous les pays de la région. En cultivant ce sentiment de peur, vous pouvez facilement apparaître comme l’homme fort, le protecteur dont vous avez besoin.

Donc Amit Shah est un expert en politique de la peur très utile à Modi, jouant ces deux rôles. Le premier, il l’a joué dans l’ombre, très peu présent sur la scène publique. Mais maintenant qu’il est Ministre de l’Intérieur, il devient personnage public, et c’est bien le numéro deux du gouvernement, dont la voix porte le plus juste derrière Modi.

C’est un homme d’affaires qui ne vient pas d’un milieu aussi défavorisé que Modi. Par contre, tout le reste est identique. Ils sont tous deux entrés très jeunes au RSS[10], puis nommés par le RSS dans certaines de ses succursales comme son syndicat étudiant. Amit Shah y a fait ses premières armes à Ahmedabad. Ce sont deux Gujarathis venant d’un milieu culturel et politique très semblable, et ils travaillent ensemble depuis 20 ans.

Sur le Cachemire, c’est une décision qu’on ne peut pas à mon sens attribuer à une personne en particulier, car c’est quelque chose que le RSS réclame depuis 70 ans. C’est une obsession de sa part, l’abolition de l’article 370. Celui qui a le plus parlé du statut du Cachemire est le chef du RSS, Mohan Bhagwat, qui disait déjà en 2017 qu’il fallait réformer la Constitution, alors que les autres n’osaient pas encore le dire étant donné la lourdeur de la procédure. Or le RSS ne s’embarrasse pas de tout cela. Et de fait, ils ont transgressé toutes les procédures.

LVSL – Est-ce qu’après sa nette victoire, le BJP n’en revient pas à ses fondamentaux en satisfaisant tout d’abord son noyau idéologique dur ?

C.J. – Ce qui est certain, c’est que le BJP fait ce qu’il a toujours rêvé de faire car il a enfin les moyens de le faire. C’est avant tout pour remplir la mission que ces gens se sont fixés il y a des décennies de cela. En plus de cela, ils le font dans une conjoncture très propice, car personne ne peut aller contre, au risque sinon d’être antinational. Ainsi ils jouent sur du velours et détournent l’attention des vrais problèmes.

Le seul rempart désormais qui pourrait éventuellement contrer cette décision, c’est la Cour suprême. Les jours qui viennent vont être très importants car celle-ci a deux dossiers très lourds à traiter : celui d’Ayodhya[11], pour lequel la Cour va très prochainement donner son verdict, et le statut du Cachemire. On va voir alors jusqu’où la Cour suprême est encore un rempart. On ne peut pas prédire son attitude, mais c’est la seule institution qui peut encore faire la différence. Néanmoins ses juges sont sous pression et influencés eux aussi par les idées dominantes. On ne sait donc pas si la Cour va utiliser son indépendance.

LVSL – Quels sont les risques réels d’affrontements d’après vous entre l’Inde et le Pakistan suite à cette décision ?

C.J. – À court terme, il ne va sans doute pas se passer grand-chose. Le Pakistan va essayer d’internationaliser la crise et la question du Cachemire, car il a une fenêtre de tir vis-à-vis de Donald Trump. S’il réussit à faire intervenir les Américains, cela aura un effet certain. Mais c’est ensuite que les choses risquent de s’envenimer sérieusement. Ce que l’on peut imaginer, c’est que la jeunesse cachemire, si la Cour suprême valide la réforme, va descendre dans la rue. Une partie d’entre elle risque de flirter alors avec les groupes djihadistes, et ceux basés au Pakistan y verront l’occasion d’infiltrer encore davantage le Cachemire indien. C’est là qu’on assistera à une vraie escalade, qui ne fera que servir les intérêts de Modi. Il faudra alors utiliser la manière forte, et le meilleur dans la manière forte, c’est Modi, qui pourra montrer « qu’il n’y a rien à faire avec les musulmans ». Sa stratégie, c’est de ne pas vouloir la paix mais des tensions au Cachemire, des tensions qui permettent de servir les intérêts de son parti.

 

LVSL – Quel rôle la France et l’Union européenne peuvent-elles jouer pour tenter d’apaiser les tensions grandissantes dans la région ?

C.J. – Le Parlement européen, qui s’est montré sensible aux questions de Droits de l’Homme, pourrait intervenir, ou en tous cas se manifester. C’est ce que vient de faire d’ailleurs l’ONU à Genève, avec un courage qui passe totalement inaperçu.

Les pays européens eux vont rester très discrets car ils ont tous des intérêts économiques et stratégiques avec l’Inde, qui fait partie de la coalition indo-pacifique qui se met en place pour contenir la Chine. Tout le monde a des choses à vendre à l’Inde. En plus de cela, cette décision sur le statut du Cachemire ne s’est pas encore traduite par des violences et une grande répression. Dans ces conditions, nous ne sommes pas encore tenus de réagir. Il ne va pas se passer grand-chose sur ce front.

LVSL – Le 2 octobre prochain, c’est le 150e anniversaire du Mahatma Gandhi, une date importante même pour le BJP. Comment l’imaginez-vous au regard de ces derniers événements ?

C.J. – Paix à son âme ! Mais cet anniversaire sera célébré. Modi ne jure que par Gandhi et ils le célébreront en grande pompe. « Paris vaut bien une messe », comme disait Henri IV. On ne va pas sacrifier le potentiel international du nom du Mahatma. Mais entre rendre hommage à Gandhi et faire réellement ce qu’il disait, il y a un très grand pas.

[1] Voir notamment https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/14/cachemire-indien-au-moins-33-morts-dans-l-attentat-le-plus-meurtrier-depuis-2002_5423608_3210.html

[2] Le BJP ou Bharatiya Janata Party (« parti indien du peuple ») est un parti de droite nationaliste duquel est issu Narendra Modi.

[3] Rahul Gandhi est l’actuel président du Parti du Congrès, 2e principal parti indien, opposé au BJP, voir notamment sur https://rahulgandhi.in/en/

[4] La Lok Sabha (« Chambre du Peuple ») est la chambre basse du Parlement indien, composée de députés élus au suffrage universel direct dans 543 circonscriptions au scrutin uninominal majoritaire et de deux députés nommés par le président de l’Inde. Le mandat est de cinq ans, à moins que le chambre ne soit dissoute avant par le président.

[5] La Rajya Sabha (« Conseil des États ») est la chambre haute du Parlement indien. Elle est composée de 245 membres désignés pour un mandat de six ans et renouvelés par tiers. 12 sont nommés par le président de l’Inde et 233 sont élus au suffrage indirect par les membres des législatures des États et territoires.

[6] Inventé par l’idéologue d’extrême droite Vinayak Damodar Savarkar en 1923, ce mot désigne une certaine “hindouité” fantasmée et revendiquée par les nationalistes hindous.

[7] Article qui définissait ce statut administratif spécial du Cachemire indien.

[8] Etat de l’extrémité Est de l’Inde, ayant une frontière physique avec le Bengladesh.

[9] Les violences au Gujarat de 2002 sont des émeutes visant les populations musulmanes de cet Etat limitrophe du Pakistan. Ces émeutes ont fait suite à l’incendie d’un train de pèlerins hindous ayant entraîné 58 morts et auraient causé la mort de 800 à 2 000 personnes. Ce sont les émeutes les plus violentes et meurtrières que l’Inde ait connues depuis son indépendance.

[10] Le Rashtriya Swayamsevak Sangh, ou RSS (« Organisation volontaire nationale ») est un groupe nationaliste hindou d’extrême droite et paramilitaire. Fondé en 1925 à Nagpur par un médecin indien, le RSS propage une conception raciale du peuple indien. Nathuram Godse, celui qui a assassiné Gandhi, était un ancien membre du RSS.

[11] Depuis le début des années 1990, Ayodhya est le centre d’un conflit entre musulmans et hindous. Le 6 décembre 1992, des hindous ont rasé la Mosquée de Babur, construite en 1528, d’après une légende sur l’emplacement de la naissance du dieu Rāma, où il y aurait eu un temple hindou détruit par les musulmans. Cette destruction de 1992 a provoqué de violents affrontements qui ont causé la mort de 2 000 personnes, principalement des musulmans.

 

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