N’en déplaise à certains, l’ouvrier existe encore

Capture d’écran

Grâce à ses sorties pleines de sincérité face à Marine Le Pen et François Fillon lors du Grand Débat à onze candidats, co-organisé par C-News et BFM, le candidat ouvrier du NPA Philippe Poutou s’est vu propulsé super-star médiatique, à tel point que le New York Times en a tiré son portrait. Mais cet engouement inattendu, relayé par la machine Internet à coups de détournements et de memes, ne cache-t-il pas une autre forme de mépris ? N’est-ce pas travestir en phénomène de foire un message politique qui défend une catégorie sociale dont tout le monde ou presque semble persuadé de la disparition : les ouvriers ? La candidature Poutou est pourtant l’occasion de rappeler que si l’ouvrier a disparu du discours politique, cela ne traduit en aucun cas une réalité socio-économique.

Au-delà de leur côté absurde, les attaques contre la tenue vestimentaire de Philippe Poutou, tout comme celles contre son comportement de « rebelle », démontrent assez clairement la puissance d’un discours politique incitant à l’homogénéisation des mœurs politiques et sociales. Face aux « encravatés », le candidat NPA, tout comme Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) au demeurant, apparaissent aux yeux de l’éditocratie et l’oligarchie politiques comme un anachronisme absurde, la résurgence

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