Olivier Tesquet : « Nous sommes prisonniers de l’état d’urgence technologique »

© James Startt

Journaliste à Télérama et spécialiste des questions numériques, Olivier Tesquet s’intéresse à la thématique de la surveillance dès 2011 avec La Véritable histoire de Wikileaks. En 2020, il co-rédige avec Guillaume Ledit Dans la tête de Julian Assange (Acte Sud, 2020). Avec À la Trace, sous-titré « enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance » et publié aux éditions Premiers Parallèle, il plonge son lecteur dans les méandres du commerce de la donnée et de la revente de nos surplus comportementaux. Olivier Tesquet se définit lui-même comme un cartographe ; il se fixe pour objectif de nommer et décrire les mécanismes par lesquels un « capitalisme de la surveillance » est rendu possible. Entretien réalisé par Maxime Coumes et Florent Jourde et retranscrit par Cindy Mouci et Catherine Malgouyres-Coffin.

LVSL – Dans votre précédent ouvrage, À la trace, vous rappelez que le contrôle des individus ou des groupes est une affaire régalienne, notamment à travers la mise en place des livrets ouvriers, des fiches anthropométriques ou encore des pièces d’identités, du XVIIe au XXe siècle. Comment s’est opéré ce glissement vers une forme de surveillance hybride, où les États semblent maintenant s’accommoder de l’immensité des données collectées par les GAFAM, données qu’ils réutilisent eux-mêmes

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