Quand la gauche pensait la nation (1848-1914)

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La banderole « Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! » ornant la salle du Congrès de Tours en décembre 1920.

Pourquoi, en 1914, les socialistes allemands ont-ils voté les crédits de guerre ? Pourquoi les ouvriers français n’ont-ils pas décrété la grève générale ? Lorsqu’éclate la guerre, les socialistes sont paralysés et l’internationalisme est oublié. La nation a triomphé des classes et toute idée de révolution mondiale paraît condamnée. Les origines du drame sont peut-être à chercher dans le rapport qu’entretiennent les socialistes avec l’idée nationale avant-guerre. Ce travail d’exploration, l’historien Jean-Numa Ducange l’entreprend dans son livre Quand la Gauche pensait la Nation : Nationalités et socialismes à la Belle-Époque. Avec lui, on voyage de Berlin à Vienne, en passant par la Pologne et la France, dans une enquête qui remonte aux sources de la conception socialiste de la nation. Grande oubliée des premiers débats doctrinaux, la nation s’impose finalement à tous, et il faut remonter aux origines du mouvement ouvrier pour comprendre pourquoi.

De l’internationalisme, on connaît la formule « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » tirée de la conclusion du Manifeste du parti communiste, on se souvient aussi de l’engagement pacifiste de Jean Jaurès ou du spectre de la révolution mondiale qui a inquiété les polices des différents États. Mais passer du slogan au concept est plus délicat. De la même manière,

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