Sociologie : face à des critiques généralisées, à quand la contre-attaque ?

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Portrait du sociologue Pierre Bourdieu, à La Demeure du Chaos, image libre de droits

Quand on parle d’intellectuels en prison, on pense d’abord dictature, répression, Chine, Russie, Turquie. En somme, au genre de choses que l’on pourrait retrouver sur le site de Reporters Sans Frontières. Et pourtant, nul besoin de tant d’exotisme : mi-janvier, c’est le sociologue Jean-Claude Kaufmann, ancien directeur de recherche au CNRS, qui, après convocation devant un juge d’instruction, a été mis en examen. Son crime ? Avoir tenté de défendre la scientificité de sa discipline, la sociologie.

Cette entrée en matière, délibérément provocante, peut paraître disproportionnée. Si l’incident avait été isolé, il aurait généré une bien légitime indignation, mais n’aurait rien eu de bien effrayant. Pour prendre la mesure de la gravité de la situation, il faut la replacer dans une continuité d’attaques d’une violence rare menées contre la sociologie depuis quelques années déjà. Il paraît dès lors urgent que les sociologues se mobilisent et cessent d’ignorer la question de la dévalorisation de leur discipline dans l’espace public, car ils en font les frais. Mais d’abord, tâchons d’exposer un peu les faits.

Le « sociologue à moustache », le « sociologue à lunettes » : l’affaire Kaufmann

Plus précisément, c’est une mise en accusation pour diffamation

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