Les ambitions expansionnistes d’Erdogan – Entretien avec Jean Marcou

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Le Président turc, Recep Tayyip Erdogan. @ TheKremlin

Depuis quelques mois déjà, Idlib est devenu l’épicentre du conflit syrien. Le 5 mars, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont conclu un accord de cessez-le-feu, devant mettre aux interminables affrontements dans la province. Si le dirigeant turc a mobilisé une bonne partie de ses forces en Syrie, et s’affirme à présent en Libye, la Russie de Vladimir Poutine mais aussi certaines monarchie du Golfe semblent voir ce va t-en guerre turc d’un mauvais oeil. Pour décrypter cet expansionnisme, nous avons interrogé Jean Marcou, titulaire de la Chaire Méditerranée-Moyen-Orient de Sciences Po Grenoble. Retranscription par Dany Meyniel, entrevue par Clément Plaisant.

LVSL – En fin d’année dernière, le 9 octobre, la Turquie a lancé une opération « Source de Paix » qui visait à affaiblir le PYD (Parti d’union démocratique) dans le nord de la Syrie. Quelques mois après, elle est toujours engagée de façon importante, notamment à Idlib. La Turquie peut encore espérer quelque chose en Syrie ?

Jean Marcou  L’intervention du 9 octobre suivait les mêmes objectifs que les deux autres interventions militaires, à savoir celle d’Afrin en 2018 et celle de Jarablous sur la rive occidentale de l’Euphrate. L’objectif de toutes ces interventions, mais aussi de cette entrée militaire de la

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Bahreïn, le royaume en situation de dépendance face à l’Arabie Saoudite

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Manama, capitale de Bahreïn, en décembre 2014. © image libre de droits

Alors que l’Arabie Saoudite a lancé une guerre du prix de l’or noir dimanche 8 mars, affolant les marchés financiers mondiaux, les pétromonarchies du Golfe pourraient bien prochainement être confrontées au retour de flamme de cette ambitieuse stratégie. L’accroissement de la production pétrolière de l’Arabie Saoudite à 12,3 millions de barils par jour risque de bouleverser les équilibres économiques de la région. Le discret royaume sunnite du Bahreïn n’est pas en reste face aux événements. Cette crainte cache une autre réalité : l’inféodation de Bahreïn à l’Arabie Saoudite. 

« Politiquement, le Bahreïn apparaît comme le poisson pilote de l’Arabie » analyse Claire Beaugrand, chercheuse au centre d’études du Golfe de l’université d’Exeter. Le royaume de Bahreïn est dépendant économiquement de celle-ci, et ce lien complexe mène aujourd’hui le pays dans une impasse.

Une économie indexée sur la puissance saoudienne

Petit royaume de 760 kilomètres au cœur de la région du Golfe, stratégiquement situé entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, l’histoire de Bahreïn est profondément liée à la donne énergétique régionale. Le secteur pétrolier est entièrement détenu par l’État à Bahreïn. L’augmentation rapide de la dette publique, qui représentait 93% du PIB en 2018, met en évidence la fragilité de

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