Hégémonie néolibérale, conquête du désir et crise de la gauche

© Ronald Reagan Presidential Library

Idéologie dominante, vedette médiatique et provocateur scientifique, le néolibéralisme réussit une prouesse de plus en plus répandue, celle d’exister en fuyant les définitions. Pour autant, il est incontestable qu’il domine aujourd’hui l’espace politique et économique. Le triomphe des idées s’explique également par la disparition des contestations. Pour comprendre la position de celui qui règne, on peut regarder du côté de ceux qui l’ont combattu comme la gauche, plongée en pleine crise idéelle. Théorie économique présentée comme un nouvel horizon indépassable, le libéralisme économique prévaut dans une étendue d’idées mortes. Michelet savait que les sorcières apparaissaient dans les déserts de sens, la gauche a découvert que ses bourreaux naissaient dans ses gouffres idéels.

L’un des traits saillants du débat public contemporain tient dans l’idée que le succès des termes provient de la rareté des définitions. Plus les définitions sont rares ou floues, plus les termes sont promis à de longues carrières politiques et médiatiques. Règne du consensus. Le néolibéralisme, quotidiennement scandé, fait figure d’exemple. Souvenons-nous de l’avertissement initial du père fondateur de la sociologie française, Émile Durkheim : « Les sociologues sont tellement habitués à employer les termes sans les définir […] qu’il leur arrive sans cesse de laisser une même expression

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