La Colombie, éternelle tête de pont des États-Unis en Amérique du Sud

Le président colombien Iván Duque en compagnie de Donald Trump © Carolina F. Vazquez.

En mai, les États-Unis annonçaient l’envoi de neuf contingents armés en Colombie. Si leur mission officielle est d’appuyer la lutte du gouvernement contre le narcotrafic, cette manoeuvre s’inscrit dans un contexte d’accroissement des tensions entre les États-Unis et le Venezuela – avec lequel la Colombie frontalière d’Iván Duque entretient des relations exécrables. Le président colombien, élu en 2018, affiche une proximité idéologique certaine avec Donald Trump. L’alignement de la Colombie sur l’agenda géopolitique de la Maison Blanche répond cependant à un schéma bien plus ancien. Régie sans interruption par des gouvernements pro-américains depuis des décennies, opposante de longue date au « socialisme du XXIème siècle » promu par le Venezuela, la Colombie est le plus solide allié de Washington dans le sous-continent. Par Jhair Arturo Hernandez, traduction Lucile Joullié.

La tradition de « coopération » entre Washington et Bogotá est dictée par les intérêts géostratégiques des États-Unis dans la région, qui souhaitent notamment s’assurer l’accès à la première réserve mondiale de pétrole – celle du Venezuela. En Colombie, la question vénézuélienne a également servi d’outil à des fins électorales pour la droite ; elle a permis de passer sous silence la grave crise des droits humains que vit le pays [à lire

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