Gustavo Petro : « La mafia colombienne est en mesure de dicter ses lois »

Gustavo Petro à Bruxelles © Marcella Via pour Le Vent Se Lève

Gustavo Petro est actuellement le leader de l’opposition colombienne. Aux dernières élections présidentielles de 2018, il a obtenu un score sans précédent en se hissant au second tour à 41,8% face à Ivan Duque, le candidat de droite radicale, élu avec 53,98%. C’est un résultat historique pour la gauche colombienne au milieu d’un paysage latino-américain qui voit l’extrême droite arriver au pouvoir dans de nombreux pays. Nous avons pu l’interroger sur la situation colombienne et sur son regard à l’égard de la tension au Venezuela. Réalisé par Denis Rogatyuk et Vincent Ortiz. Retranscrit et traduit par Maxime Penazzo et Guillaume Etchenique.

 

LVSL – Vous dénoncez la dimension para-politique de l’État colombien, pourriez-vous définir ce que vous entendez par là ?

Gustavo Petro – Cela fait 40 ans qu’un processus entremêle peu à peu le narcotrafic et le pouvoir politique. C’est à partir des routes d’exportation, du cannabis hier et de la cocaïne aujourd’hui, que se sont formées les conditions d’un contrôle social, qui place aujourd’hui des pans entiers du territoire colombien sous l’emprise du narcotrafic.

Cette construction sociale repose sur un régime totalitaire, de terreur absolue, qui subordonne la société régionale aux besoins logistiques de l’exportation de cocaïne conduite par

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