La cyberguerre : rivalités et enjeux de la « gouvernance » d’internet

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Hillary Clinton prononce un discours sur la liberté de l’internet, le 15 février 2011. © US Secretary of State

La cyberguerre n’est pas qu’une affaire de hackers. Firmes transnationales et gouvernements collaborent ou s’affrontent pour définir le modèle de gouvernance de l’internet et imposer leur vision. Quelle est la cohérence entre les intérêts américains et la doctrine de l’ “internet freedom”? Les institutions actuelles sont-elles légitimes ? Sont-elles utiles à des stratégies hégémoniques ou contre-hégémoniques ? Et surtout, quel contrôle les États peuvent-ils prétendre exercer sur les flux informationnels qui traversent leurs frontières ? Derrière ces questions figurent des enjeux globaux, parmi les plus critiques du 21ème siècle, au sujet desquels l’ouvrage de S. Powers et M. Jablonski, The Real Cyber War (2015) offre un éclairage précieux et plus que jamais d’actualité.

À quoi ressemble la « vraie » cyberguerre ?

Le terme « cyberguerre » est contesté et difficile à définir. Dans l’esprit du profane ou de l’expert, il renvoie souvent au recours à des lignes de codes malveillantes, destinées à perturber le fonctionnement normal de l’adversaire. De fait, le cyberespace s’est militarisé : la littérature stratégique et militaire le considère désormais comme un lieu d’affrontement à part entière entre de nombreux acteurs – pas uniquement étatiques. Il est dit qu’il s’y déroule, en somme, « une guerre par, pour et contre l’information », correspondant au triptyque : subversion, espionnage

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L’État-plateforme ou la mort de l’État social : Castex et le monde d’après

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©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Fred Dugit. Paris, 19/05/2020

Alors que le gouvernement convoque les partenaires sociaux le 20 juillet pour relancer sa réforme des retraites, le sermon déjà trop bien connu sur le « trou de la Sécu » et le poids des « charges » fait son retour fracassant sur les plateaux depuis le début du déconfinement. Comprenez : la Sécurité sociale ne pourra se remettre des dépenses engendrées par la crise sanitaire, d’autant plus que la baisse d’activités provoquée par le confinement aura entraîné une baisse logique des cotisations. Le passage programmé d’un État social issu du CNR à un État-plateforme, dernière lubie idéologique libérale, poursuit encore davantage la violence infligée à un système social déjà à bout de souffle. Analyse par Léo Rosell et Simon Woillet. 

Guerre contre le Covid et chant du déshonneur

Les réformes néolibérales menées jusqu’à la crise sanitaire à marche forcée pourraient ainsi réapparaître par la fenêtre, au prétexte honteux des morts du Covid, et des pertes de cotisations liées à l’arrêt de l’activité économique pendant le confinement. Ce refrain a en tout cas été rapidement entonné par Gérald Darmanin, alors encore ministre de l’Action et des Comptes publics, qui se prétend pourtant « gaulliste social ». Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, lui-même ayant éhontément

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Le Covid, les données de santé et Microsoft

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crédits : Pixabay

La France et les instances juridiques de l’Union européenne, doivent se réveiller face aux risques de fuite des données à l’étranger posés par la dépendance de plus en plus prégnante aux GAFAM des systèmes informatiques de nos administrations publiques, notamment en matière de santé. Les gouvernements sont aujourd’hui sous la pression de l’opinion. Ils doivent proposer « une troisième voie pour garantir un avenir numérique compatible avec nos démocraties » comme le réclament dans cette tribune-pétition de nombreux professionnels de la santé et du numérique et des parlementaires. Un lien est en ligne pour la signer.

Une information loyale et éclairée

Le taux d’alphabétisation numérique – la capacité à lire et écrire le langage informatique – est extraordinairement bas [1]. Notre monde technophile s’envole dans la complexité écartant le citoyen du débat politique. Cependant les implications sont fondamentales : elles concernent la pérennité de notre liberté de penser et de notre système de santé mutualiste. Nous voulons informer des évolutions récentes en informatique et en santé pour recentrer politiquement le débat autour du citoyen et fermer la porte aux illusions techno-scientifiques.

Vers le secret professionnel partagé

Récemment l’Ordre des Médecins a rappelé que le secret des personnes est la

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Que cache la défense de l’Internet libre ?

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© F.A.P. Fine additional Printers. Silicon Valley. 1991.

Souvent narrée comme la concrétisation d’un idéal libertaire, l’odyssée de l’Internet n’en est pas moins l’objet d’une hégémonie scientifique, technologique et militaire. À son origine d’abord, un pays, les États-Unis, conscient de s’être doté par là d’une avance technologique considérable. Parallèlement à son essor, émerge le modèle de la «Silicon Valley»1, hub technologique d’essence libertarienne, antiétatique et pourtant né d’une alliance entre complexe militaro-industriel, milieu universitaire et de l’ingénierie. L’effort de communication déployé par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et autres licornes2, dont les épopées se confondent en storytelling et les objectifs en promesses d’émancipation, se heurtent aux affaires Snowden ou encore Cambridge Analytica…

Internet et la «Silicon Valley», fruit d’une collaboration techno-militaire

Au départ simple espace agricole, le sud de la Baie de San Francisco connaît, grâce à l’injection abondante de financements militaires, un boom démographique et urbain dans les années 1950-1960 autour de la Leland Stanford Junior University. La fusion du capital local et de la technologie est au cœur de l’émergence de ce cluster promis à un rayonnement international. Contrairement aux idées reçues, son essor s’appuie davantage sur une volonté étatique et sur des acteurs civils, militaires et universitaires que

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