Les rêves d’Europe du Festival d’Avignon

Vendeur de chapeaux avignonnais proposant des drapeaux européens. ©Martin Mendiharat

Du 4 au 23 juillet s’est tenu l’édition 2019 du Festival d’Avignon, la 73e. Si L’Odyssée se présente comme le thème principal du plus grand festival de théâtre au monde cette année, une autre couleur vient teinter la programmation de cet été. L’Europe s’installe en effet comme irrémédiable sujet de plusieurs spectacles phares du festival et révèle de nombreuses caractéristiques propres à une certaine frange de la création contemporaine qui désire ardemment parler du présent politique.

Le Festival d’Avignon 2019 se voulait éminemment politique, en écho avec les urgences de notre temps, ce que traduit l’édito d’ouverture de programme d’Olivier Py, directeur du festival depuis 2013. Il y énonce que l’objectif artistique de l’édition 2019 est de « désarmer les solitudes ». Le metteur en scène nomme la nécessité présente du théâtre, qui n’a qu’à « ouvrir ses portes » pour « faire acte de conscience politique ». Ainsi, face aux affres du consumérisme et de la solitude contemporaine véhiculée entre autre par les réseaux sociaux, il rappelle « qu’être ensemble ce n’est pas faire foule ou vibrer d’affects refoulés, c’est accepter une inquiétude commune et espérer le retour des mythes fondateurs ». C’est dans le charnier marin de la Méditerranée qu’un de ce mythes émerge : l’Odyssée.

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Jérôme Thomas : jongle(s) avec le(s) monde(s)

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©Noé Gonzalo

Des figures françaises du combat écologique comme Aurélien Barrau et Cyril Dion parlent toujours davantage de la nécessité d’un nouveau récit, pour renverser l’immobilisme et insuffler un nouvel élan de civilisation. Besoin d’une bouffée de magie ? Rencontre avec le créateur Jérôme Thomas qui jongle entre art, politique et écologie pour proposer un autre monde. 

Portrait d’une force poétique

En « ces temps sinistres » où d’après Blanche Gardin, « l’humour relève plus de la médecine d’urgence que du divertissement », le photographe Noé Gonzalo et moi sommes partis en quête d’une thérapie de plus long-terme : c’est qu’au-delà des humoristes qui nous font survivre (aux élections, à l’apocalypse et à bien d’autres choses), il faut bien aussi quelque chose qui donne espoir à l’être humain, qui enchante le monde pour donner à vivre. Le philosophe et compositeur allemand Theodor W. Adorno écrivait que « l’art est la magie libérée du mensonge d’être vrai » : la Providence a mis sur notre chemin un artiste de renommée mondiale qui a accepté de nous partager sa magie. Voici le portrait salvateur de Jérôme Thomas, maître-jongleur peuplé d’histoires, d’engagements et de sensibilités.

Tout commence devant une maison. Un portail et des volets métalliques rouges, pour le panache et la passion.

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