Vers la privatisation et la précarisation : l’inquiétante réforme de la fonction publique

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Manifestation des agents de la fonction publique le 22 mars 2019 à Lyon © Jeanne Menjoulet

C’est désormais officiel : le 23 juillet dernier, la loi portant sur la “Transformation de la fonction publique” a été définitivement adoptée par le Sénat. Derrière les promesses de “modernisation”, de “souplesse” et “d’ouverture” dont se targue cette réforme, celle-ci masque en réalité une dangereuse fragilisation du statut de fonctionnaire, une précarisation accrue des contractuels, et l’application des logiques du secteur privé dans l’ensemble des services publics. Décryptage d’une réforme controversée et préoccupante pour l’avenir de la fonction publique.

 

Dès sa présentation le 13 février 2019, le projet de loi de transformation de la fonction publique avait suscité de nombreuses contestations. Rejetée par neuf syndicats, cette réforme avait aussi donné lieu à plusieurs manifestations pour dénoncer l’inexistence de garantie sur les recrutements, l’absence de mesures sur l’attractivité et les salaires, ainsi que la suppression des postes de fonctionnaires qu’elle prévoit.

Mais ni les nombreuses critiques, ni les tentatives d’amendement de la réforme n’ont empêché son adoption : la loi controversée est même sortie durcie de sa navette entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Son application, dès le 1er janvier 2020, concernera cinq millions et demi d’agents, repartis entre la fonction publique d’État (44%), les collectivités territoriales (35%), et la fonction

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