Le mariage par enlèvement des femmes : une coutume qui renaît en plein XXIe siècle au Kirghizistan

La situation des femmes au Kirghizistan est meurtrie par un fléau : le mariage par enlèvement nommé « ala katchuu ». Kyz ala katchuu signifie en langue kirghize « prendre une jeune femme et fuir ». Selon les estimations qui reviennent régulièrement, cela concernerait entre 35 et 45% des femmes kirghizes. Le sociologue Russel Kleinbach estime qu’il y a 11 800 femmes enlevées par an, 32 par jour et 1 toutes les 40 minutes. Officiellement, la pratique aurait disparu durant l’époque soviétique. Pour comprendre ce qu’est le ala katchuu, il faut voir qu’il ne s’agit pas d’un simple acte criminel et illégal. C’est une violence qui se réclame d’une certaine tradition tout en l’inventant. De fait, elle prend place dans le contexte d’un Kirghizistan rural et pauvre confronté à la modernité et cherchant à maintenir des normes patriarcales au sein de la société kirghize.

Le Kirghizistan est l’une des cinq républiques d’Asie centrale devenues indépendantes à la chute de l’URSS. Ce pays de langue turcique et de religion musulmane a été crée par l’Union soviétique dans les années 1920. Craignant l’influence d’idéologies panislamiques ou panturques, la bureaucratie soviétique a classifié les peuples d’Asie centrale selon leurs langues afin de les faire rentrer dans un

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