« On va essayer de créer un écosystème autour de ce média » – Entretien avec Denis Robert

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© Gilles Coulon

Nous avons rencontré le journaliste Denis Robert à l’occasion du lancement de sa nouvelle plateforme d’information en ligne « Blast », marquée par un traitement indépendant de l’actualité et de l’investigation. Dans cet entretien, il nous expose la structure éditoriale et financière de ce nouveau titre de presse. Nous sommes également revenus sur son dernier ouvrage, Larry et moi, comment Black Rock nous aime, nous surveille et nous détruit (paru aux éditions Massot en octobre dernier). Nous avons ainsi discuté avec lui des mouvements financiers entre Black Rock et les Big pharma, dans le cadre de la crise sanitaire. Entretien réalisé par Eugène Favier-Baron et Simon Woillet.

LVSL – Comment s’organise votre nouveau média et quelle en est la ligne éditoriale ?

Denis Robert – Mon ambition est de faire du journalisme, ce qui n’est pas une ambition idéologique. Faire du journalisme est une tâche très compliquée : c’est déjà une ligne éditoriale en soi, qui porte des valeurs connues – antiracisme, égalité des sexes, lutte contre la corruption. Nous ne sommes pas un média partisan, nous ne soutiendrons aucun candidat, ni aucun parti.

Mon premier objectif pour ce média est d’être le plus généraliste possible. Nous allons commencer par ce que nous savons faire – des enquêtes, des débats, des entretiens, des chroniques, des reportages, des live, des éditos –, pour ensuite aller vite sur le terrain culturel. Nous voulons être un média qui parle au plus grand nombre. Notre ambition est immense, je le reconnais et ne cherche pas à faire preuve de vantardise en énonçant cela. Les propos que je tiens aujourd’hui ne seront pas perçus de la même manière que ceux que j’aurais tenus avant la campagne. Personne n’aurait parié sur un tel démarrage. J’étais confiant, mais pas à ce point-là.

Pour le moment, on a touché 90 000 personnes, avec un taux de conversion entre 7 et 8%. Le don moyen est de 90 €. Nous avons réalisé qu’il y a une très forte attente d’un public pour un média différent, accessible gratuitement au plus grand nombre. Nous voulons une très grande transparence dans notre fonctionnement. Des personnalités importantes vont nous rejoindre bientôt, tandis que nous avons déjà envoyé des signaux forts avec l’arrivée de Gaël Giraud, Sabrina Ali Benali… C’est plutôt positif de parvenir à lancer un média avec cette ambition généraliste, car les gens ont besoin d’une autre source d’information, comme celle qu’ils trouvent à LVSL ou auprès d’autres sites indépendants. Notre ambition est d’être un moteur pour créer des convergences avec les autres médias indépendants. Les gens qui nous financent le savent : ils financent un média d’intérêt général.

Ils s’abonnent surtout pour que Blast s’ouvre à un large public, pour que les informations publiées sur le site aient le plus grand impact possible. Leur confiance renforce notre volonté et nous oblige à respecter la promesse faite. C’est très excitant de voir qu’on est soutenu par autant de gens en moins d’un mois de campagne. Notre modèle économique établit que pour avoir les moyens de nos ambitions, à savoir l’embauche d’une vingtaine de journalistes et autant de pigistes sur l’année, il nous faut autour de 40 000 abonnés. On en compte 7 000 au moment où je vous parle

LVSL – Pour votre modèle économique, vous êtes-vous inspiré des modèles de sociétés de presse à but non lucratif  ?

D. R. – Nous avons créé une Société coopérative d’intérêt collectif – une SCIC, sans but lucratif, c’est-à-dire que nous ne versons pas de dividendes aux sociétaires. L’argent gagné et les dons perçus sont entièrement réinvestis dans les outils de travail, la production d’informations, les salaires, et les embauches. Il n’y a aucun enrichissement possible. C’est une coopérative avec 5 collèges. Pour participer au fonctionnement de Blast, il faut être sociétaire. Une part sociale c’est 5 €. 

Il y a 5 types de membres : 12 membres fondateurs (dont 9 seront aussi salariés de Blast) détiennent 50% des parts ; cette limite a été fixée pour que nous gardions la maîtrise de notre outil de travail. Les membres du collège des salariés possèdent 15% des parts, les membres du collège des sociétaires abonnés 15%, et les partenaires (maisons d’éditions, sociétés de production de cinéma, etc.) 10%. Les mécènes (aux dons supérieurs à 5 000 €) en détiennent 10%.

Tout est bien entendu défini dans les statuts ; tous les collèges sont représentés au sein du conseil d’administration. Les comptes seront publiés chaque année. C’est un exercice de transparence et de lien avec nos sociétaires. 

Ce statut de SCIC doublé du statut de presse solidaire (rendu possible depuis Charlie Hebdo) nous permet d’offrir, à ceux qui le peuvent, une défiscalisation. Les sociétés peuvent bénéficier de 25% de réduction et les particuliers 50% sur la part investie. Seule obligation pour bénéficier de cette défiscalisation, les parts sociales doivent être investies au moins cinq années. En s’appuyant sur ce modèle, notre mission est de faire du journalisme, donc de publier des informations originales, sourcées, recoupées.

LVSL – La simple volonté de faire du journalisme est selon votre expression « une ligne éditoriale en soi ». Pour vous, quels sont les problèmes rencontrés par le journalisme d’investigation aujourd’hui ? Tant du point de vue éditorial qu’économique ?

D. R. – Tout dans le journalisme ne devrait être qu’investigation et recherche. Ça coûte très cher de mener des enquêtes et ça prend beaucoup de temps, sans compter des charges qui augmentent encore avec les procès et les procédures baillons. Il faut une bonne résistance quand on publie certaines informations. Je l’ai suffisamment expérimenté dans ma vie. Encore récemment quand j’étais au Média, j’ai vu comment cela se passait. On a eu droit à notre lot de pression. Ce travail et cette liberté, dans le respect de la loi, est pourtant indispensable en démocratie. Le pôle rédactionnel de Blast est en train de se constituer. Ce pool sera constitué d’une douzaine de personnes salariés et autant de pigistes réguliers. Le groupe est pluridisciplinaire. Il y aura des journalistes, des lanceurs d’alertes, des chercheurs, des avocats. Le pool enquête sera constitué de professionnels qui se réuniront régulièrement. Nous allons être porteurs d’alertes à long terme. Dans de nombreux cas, nos enquêtes déboucheront judiciairement. À côté de cette équipe aspirant à un travail au long cours, il y aura un pool d’actualités très rubriqué avec de l’ économie, de la politique, des faits de société, de l’écologie, mes éditos, des tribunes, des entretiens. Tout sera organisé autour de vidéo et donc d’une webtélé qui sera intégré à un site. Même si notre terrain de prédilection  ce sont les réseaux sociaux, nous allons au maximum essayer de ne pas dépendre des Gafam. C’est un combat que nous allons mener. On fera sûrement des erreurs mais on tiendra bon.

Nous souhaitons développer beaucoup de partenariats avec des médias indépendants. Nous avons déjà acté un partenariat avec La Relève et la Peste et le Monde moderne et nous sommes en pourparlers avec d’autres médias et services de presse en ligne. Des accords seront conclus. Nous pourrons par exemple mener conjointement une enquête avec LVSL, et publier l’enquêtes sur nos sites en même temps. Pour toutes ces raisons, ce début de campagne est très encourageant. De plus en plus de monde parle de nous en regardant le compteur de Kisskiss, il y a bien un phénomène en train de prendre. Alors que les médias « mainstream » ne s’intéressaient même pas à Blast, on reçoit maintenant de plus en plus d’appels de collègues qui se demandent ce qu’on va faire de toute cette énergie. Il faut les rassurer, on fera au mieux et il y a du boulot pour tout le monde.

LVSL – Vous avez sorti en novembre 2020, un livre-enquête sur le fonds d’investissement nord-américain Black Rock, où vous retracez aussi l’histoire de son PDG Larry Fink. De votre point de vue expérimenté, pensez-vous que ce fonds d’investissement américain qui a lorgné sur notre système social depuis plusieurs années, à l’occasion de la réforme des retraites, a tiré profit des gains spectaculaires de la finance avec le Covid ?

D. R. – Evidemment, ces fonds américains sont à l’origine de la Big pharma. Black Rock avec Vanguard possèdent par exemple, à eux deux, , grâce à des participations croisées, 15% de Pfizer. Et plus d’un tiers de Pfizer appartient à des fonds spéculatifs. Il y a un énorme jeu occulte sur le vaccin. Et ça va même au-delà des paris boursiers. Tous les moyens sont bons pour enrichir les actionnaires de Pfizer. Volontairement, Pfizer a diminué l’ARN dans le concentré de ses vaccins. Ils ont compensé ainsi leur impréparation à l’industrialisation. Il leur fallait vendre plus, donc se faire plus de marge. Ils se sont fait épingler par l’agence européenne du médicament… Pfizer appartient à des des fonds spéculatifs et on voit bien que ces gens sont là pour faire du profit, y compris dans un domaine impliquant la santé des personnes. On peut parler du numérique aussi, des GAFAM : Black Rock est actionnaire d’Apple, de Google…. Ils sont partout. Mais, pour rester sur Big pharma, Pfizer a communiqué en disant que sur l’année 2021, ils allaient vendre 2 milliards de doses à 30 €, ce qui représente théoriquement 60 milliards de chiffre d’affaires. Ils ont négocié avec la commission européenne, imaginons donc que leurs gains s’élèvent à 40 ou 50 milliards, quel bénéfice vont-ils faire ? En tout état de cause, ce sera un chiffre colossal et on nous le cachera. Les initiés que j’ai interrogés sur le sujet me disent que la marge en fin d’année dépassera les 15 milliards. Le marché du médicament est très intéressant. C’est un marché qui a été financé en partie par l’Europe, et beaucoup par les États-Unis. L’argent des impôts américains ou des sociétés américaines ont payé les études sur les vaccins, parce que l’industrie était aux abois. On leur a garanti une prise de risque ultra-limitée. Ils étaient sûrs de vendre leurs doses. Ils ont signé. En dépit des conditions hors du commun dans lesquelles les protocoles d’élaboration de ces vaccins se sont déroulés, ils n’ont quasiment aucune responsabilité pénale.

Admettons qu’ils fassent 15 milliards de bénéfices – ce qui représente une fourchette basse – à la fin de l’année, quelle part de cette somme sera distribuée aux actionnaires ? Black Rock et consorts vont gagner 1 ou 2 milliards uniquement sur la vente du vaccin. Et cette pratique est commune à tous les domaines d’activités. Black Rock c’est « l’hyper hyper libéralisme », et Larry Fink est un hyper « faux-cul ». J’emploie ce terme à dessein. À Davos, il a fait une campagne de communication hallucinante, parce qu’elle est reprise dans toute la presse économique : il a adressé une lettre aux 17 000 PDG des entreprises dont il est actionnaire, dans le monde. Pour rappel, en France, Black Rock est propriétaire d’environ 4% du CAC40. Dans cette lettre, il leur demande de « décarboner », privilégier la finance verte, faire du greenwashing, etc. En parallèle, Larry Fink investit à tout va dans l’industrie pétrolière au Mexique, dans les mines de charbon, et reste le premier actionnaire des compagnies pétrolières texanes, etc.

Larry Fink est un exemple extrême de duplicité. Il est reçu à l’Élysée, il est un influenceur très important un peu partout dans le monde et particulièrement en France, qui est la porte d’entrée de l’Europe. Sur le débat des retraites, la France est le dernier pays à résister. Il y a quelque temps, j’ai fait un entretien avec Raoul Hedebouw, qui est le secrétaire général du Parti du travail de Belgique. Il expliquait très bien comment, par des luttes et des manifestations, la Belgique a réussi à maintenir un plan en équilibre sur les retraites. Mais si la France lâche, la Belgique lâchera tout de suite derrière. L’enjeu est donc considérable. La stratégie de Larry Fink est très séductrice vis-à-vis de la France. Cet homme qui se dit écologiste possède 3 jets privés qui consomment cent fois plus que les avions de lignes régulières. Il est venu 7 fois en France depuis qu’Emmanuel Macron est président : il est le premier homme d’affaire / banquier à avoir arpenté la cour de l’Elysée pour rencontrer Macron.

C’est aussi pour ça qu’on fait Blast. Les chaînes dominantes ne transmettent pas un tel discours, ne mettent pas suffisamment en avant l’information sur ces personnalités financières qui imposent par des méthodes anti-démocratiques des choix de société violents. Il n’est jamais rappelé qu’à la seconde où Ronald Reagan était président, les retraités américains ont commencé à placer leur argent en bourse. Mais, le temps que s’écoule le mandat de Reagan, le pouvoir d’achat de ces retraités-là s’est retrouvé réduit de 30%. Et aujourd’hui c’est pire. Au début, c’est comme une pyramide de Ponzi : ils gagnent beaucoup d’argent ; et puis à un moment donné, les retraités se font avoir. La bourse est devenue une immense arnaque, et, même si en ce moment elle a le vent en poupe, on attend tous le prochain krach boursier. La privatisation des retraites doit servir in fine à recapitaliser les bourses. Personne ne le dit, mais c’est ça le but de la manœuvre. Sauver non pas le capitalisme, mais le capitalisme financier. Les retraités vont morfler, mais l’industrie aussi. Regardez ce qu’ils ont fait en France. Où en est la sidérurgie ? Macron est sur cette crête. Tout privatiser. L’hôpital comme les retraites… 

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LVSL – Récemment, un discours tend à s’imposer avec le trumpisme et le post trumpisme autour de la montée des théories des complots, des QAnon, et des phénomènes de cet ordre-là. Depuis votre vision de la parole journalistique, de la mission citoyenne d’information engagée, comment percevez-vous la façon avec laquelle on doit traiter sérieusement ces phénomènes tout en évitant cette espèce de morgue de classe, assez facilement identifiable, qui réduit dans un même bloc le discours critique du pouvoir et le complotisme ? Comment gère-t-on la balance ?

D. R. – C’est une question qui me préoccupe parce que le complotisme tout comme l’anti-complotisme me font horreur, mais sont aussi et avant tout des sujets journalistiques. L’anti-complotisme primaire entrave la liberté, dénature une manière de penser, de réfléchir. Moi-même, quand j’étais au cœur des affaires Clearstream, j’ai été taxé de complotiste parce que je m’attaquais à la grande finance, alors que s’il y a bien eu un complot. C’est avéré aujourd’hui. On a dérobé mes listings, on a monté tout un mur autour du dossier initial pour empêcher d’aller fouiller à Luxembourg. Il y a quinze ans, quand je dénonçais sur la base de documents indiscutables, l’opacité luxembourgeoise et les privilèges accordés aux banques et aux fraudeurs, je me faisais traiter de conspi par ceux-là même qui font leur gros titres aujourd’hui avec les mêmes infos. Disons que la vérité prend du temps. Actuellement, ce débat autour du conspirationnisme refait surface, car la lutte contre le complotisme donne un label à des journalistes un petit peu frileux qui ne veulent pas aller sur des terrains marécageux. Le courage c’est pourtant de s’y frotter. Dès qu’il y a une information qui remet en cause l’ordre établi, qui cherche à dévoiler quelque chose, on crie au complot, on accuse la personne d’être complotiste. Souvent c’est faux. C’est un réflexe de peur que de traiter les gens de complotistes. Ce qui ne veut pas dire que les complotistes n’existent pas. Ils n’ont jamais été aussi nombreux. mais ils sont d’abord le symptôme d’une faiblesse structurelle du journalisme.

Plus généralement, et par rapport à ces phénomènes de complotisme, depuis que nous avons lancé  Blast, je reçois en moyenne entre 10 dossiers par semaine. Des types m’envoient un dossier sur la pédophilie, d’autres sur la centrale nucléaire qui craque, d’autres sur des pots de vin dans l’armement…

Quand je reçois ce type d’informations, en premier lieu, je l’accueille. Face à une dénonciation, il faut faire preuve d’humilité et de curiosité. Je demande un peu de temps et je commence à travailler, à appeler les gens. Il faut essayer de comprendre, car finalement le décryptage d’un mensonge ou d’un complot est presque aussi intéressant que la révélation d’un complot. D’un point de vue journalistique, toute affaire est intéressante à décrypter. Par ailleurs, il est indispensable de pouvoir compter sur des gens de confiance qui possèdent une matière que, vous, vous n’avez pas. Par exemple sur les questions médicales, un de mes amis est anesthésiste. Face à des choses que j’ignore, je l’appelle, ou bien quand j’ai un doute j’appelle Sabrina Ali Benali, qui est médecin urgentiste et qui va venir chroniquer chez nous.

Actuellement la seule réponse au complotisme, c’est le journalisme indépendant ! Et le journalisme, c’est une grande affaire, c’est aller creuser, c’est dévoiler. C’est ne jamais croire ce qu’on vous dit. Parce qu’on parle toujours pour de bonnes raisons. Par exemple, pendant cet entretien, je n’ai pas grand-chose à défendre sinon mon nouveau projet. Pourtant, vous n’êtes pas obligé de croire ce que je vous dis, vous pouvez vérifier ce que j’ai affirmé tout à l’heure sur la répartition des parts par exemple ou notre transparence.

LVSL – Gaël Giraud a rejoint récemment votre équipe. Pouvez-vous présenter à nos lecteurs en quoi consistera son rôle ? Par ailleurs, pensez-vous que Blast, à l’instar du travail de synthèse qu’il opère lui-même dans son activité d’économiste et dans sa parole publique, devrait intégrer la réflexion écologique, non plus comme un élément à part des autres discours et à part des autres éléments d’analyse, mais comme une grille d’interprétation systémique des troubles politiques et sociaux des systèmes capitalistes contemporains ?

D. R. – Absolument, tout comme, à un autre niveau, la réflexion sur l’égalité des genres. La maison est en feu. Les climatosceptiques qui avaient encore un tout petit peu d’audience, –d’ailleurs à certains endroits, je pense à CNEWS, ils ont encore table ouverte –, n’ont plus tellement d’influence aujourd’hui. On voit donc bien que le réchauffement se trouve au cœur de tout. Certes, le COVID crée une brume sur cette situation. Mais on est à l’aube de catastrophes. Et le Covid est aussi le fait d’une attaque en règle contre la biodiversité.

Gaël Giraud part à Washington D.C. Il était trop à l’étroit en France, où on retrouve le même système de mandarins en économie qu’en médecine. Il a besoin je pense de convertir en décisions opérationnelles l’urgence climatique. C’est quelqu’un que j’apprécie humainement. Nous ne sommes sans doute pas d’accord sur tout mais il y a une fraternité entre nous. Quand je l’ai appelé, quand on a abordé l’idée d’une collaboration il y a quelques mois, je ne savais pas qu’il était nommé patron d’un labo à Washington, dont le travail essentiel va être de faire le lien entre l’économie et le réchauffement climatique. Là, ça devient vraiment passionnant car il va nous faire part deux fois par mois de l’avancée de ses travaux et de ses réflexions. Et quand la situation économique et politique le réclamera, il interviendra pour nous donner son avis sur tel ou tel phénomène politique ou économique en rapport avec ce qu’il fait. Peut-être que d’autres chercheurs interviendront à la suite de son initiative. On va essayer de créer une sorte d’écosystème autour de Blast. L’idée force de ce média, c’est l’ouverture, le partage. Ça ne veut pas dire le consensus. Nous serons forcément dissonants. Le bruit médiatique est tellement assourdissant. L’enjeu de cette campagne de financement puis de Blast sera de faire entendre notre petite musique. J’ai hâte d’y être et de monter le son.