Italie : La stratégie du chaos pour dissimuler l’incompétence

©Alberto Pizzoli/AFP/Getty Images

Le gouvernement italien a finalement fait adopter son plan économique. L’alliance formée par l’extrême droite de Matteo Salvini et le Mouvement cinq étoiles a vu la première version de son budget rejetée par la Commission européenne. En fonction depuis six mois, les nouveaux élus n’ont pas encore trouvé les fonds pour réaliser leurs promesses de campagne, comme le revenu de citoyenneté. En revanche, s’il y a un domaine dans lequel le gouvernement s’est manifesté dès son arrivée, c’est au niveau du démantèlement du système d’accueil des migrants et de la diabolisation des étrangers. Par Florian Pietron.

La promesse de campagne du Mouvement cinq étoiles : un revenu de citoyenneté basé sur des erreurs mathématiques.

Le Mouvement cinq étoiles prétendait lutter contre les inégalités sociales en se revendiquant apolitique et proche des citoyens. Sa communication est basée sur la désillusion des italiens concernant les gouvernements précédents : la droite conservatrice de Silvio Berlusconi ou la social-démocratie de Matteo Renzi. Ainsi, en adoptant une posture « qualunquiste », le parti de Luigi Di Maio est parvenu à convaincre la majeure partie des citoyens qui considèrent que les hommes politiques, indépendamment de leur parti, sont des élites qui n’ont pas la préoccupation d’améliorer la vie des italiens.

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Matteo Salvini, l’homme qui a précipité la fin du règne d’Angela Merkel

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Matteo Salvini / Wikimedia Commons

Dans les chancelleries européennes, son nom est sur toutes les lèvres : Matteo Salvini. Emmanuel Macron le cible, sans jamais le nommer, comme une bigote qui parle du malin. Si le leader italien agite autant le président français, c’est qu’il a réussi un coup de force : faire trembler Angela Merkel, conduisant à l’isolement du candide Emmanuel Macron sur la scène européenne. 

 

Matteo Salvini impose ses thèmes à l’agenda politique européen

En refusant que l’Aquarius et ses 629 migrants n’accostent en Italie,  Matteo Salvini a provoqué un tollé. Cela a suscité une européanisation sans précédent du débat sur l’asile et l’immigration et une complète recomposition des alliances en Europe. Après avoir tergiversé, Luigi Di Maio, le leader du Mouvement 5 Étoiles, avait applaudi en publiant une note de blog intitulée : “Enfin, l’Italie est respectée en Europe et dans le monde.”

Jouant de l’arrogance que lui donne sa naïveté, le Président français a d’abord accusé le ministre de l’intérieur italien de cynisme. Celui-ci lui avait alors répondu du tac-au-tac en invitant le président français à accepter le bateau dans un port français. Emmanuel Macron restait sans voix, incapable ni de refuser ni d’accepter. Ce n’est qu’à la

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Le destin de l’Europe se joue en méditerranée – penser l’Europe à l’aide de l’essai d’Ivan Krastev

Crédit Photo :
Bateau de migrants qui traversent la méditerranée

Même si les chiffres soulignent que le pic de la crise migratoire est passé, dû principalement à des traités douteux avec des pays tiers combiné aux évolutions de la guerre en Syrie, les gouvernements de l’UE continuent à gesticuler sur la thématique des migrations. Les dernières conclusions du conseil européen en juin confirment les analyses de Ivan Krastev, dans son livre Apres l’Europe, que la prochaine étape pour l’intégration européenne se fera sur les dos de ceux qui cherchent un meilleur avenir en Europe. La migration est désormais une question existentielle pour l’Europe. Article d’Edouard Gaudot initialement publié le 2 juillet sur le Green european journal.

« Seuls les Etats membres sont en mesure de répondre à la crise migratoire avec efficacité. Le rôle de l’Union européenne est de fournir son plein soutien de toutes les façons possibles. » Avec cette déclaration en ouverture du dernier sommet d’une année 2017 déjà riche en passions politiques, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait déclenché une de ces petites tempêtes dont la bulle bruxelloise a le secret, sinon le monopole. Depuis plus de deux ans maintenant, la querelle sur les fameux « quotas obligatoires » pour la redistribution sur le territoire

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