Sale temps pour la presse libre : le cas Polony

©Georges Biard. Licence : Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license.

Depuis quelques temps, nous étions nombreux à nous poser de plus en plus expressément la question : mais qui arrêtera Natacha Polony ? C’était sans compter la formidable et fulgurante répression menaçant sévèrement le pluralisme de moins en moins démocratique de la presse, qui n’a pas tardé à s’abattre sur l’ancienne chroniqueuse de On n’est pas couché et du Grand Journal. L’éviction de Natacha Polony d’Europe 1, où elle intervenait dans la Matinale aux côtés de Thomas Sotto, dans le « Médiapolis » de Duhamel et dans le Débat d’Europe Soir (complètement illégitime d’ailleurs, puisque le quart d’heure de la Matinale qu’elle animait réalisait les meilleures scores d’audience de la chaine), a été suivi de son licenciement de Paris Première la semaine dernière. Elle y avait, avec son émission « Polonium », auparavant carte blanche, tant dans le choix des thèmes que de ses invités.

On ne saurait voir dans cette série d’expulsion un cas isolé. Au contraire, elle s’inscrit directement  dans une logique de connivence de plus en plus affirmée entre un pouvoir politico-économique et les détenteurs et actionnaires majoritaires de la grande presse. C’est d’ailleurs cette même logique qui a présidé à la suppression début 2017 de la rubrique de

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La responsabilité de la presse dans la répression de la Commune de Paris

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©BNF. Hippolyte de Villemessant. L’image est dans le domaine public.

La répression de la Commune est sans conteste le massacre le plus sanglant de l’histoire de Paris. La Semaine Sanglante, qui s’est déroulée du 21 au 28 mai 1871, s’est soldée par la mort de 30.000 Communards. Les massacres ont été suivis d’exécutions systématiques et de déportations massives. Les survivants ont été soumis à des persécutions et des humiliations sans nombre. Cet épisode est relativement méconnu par l’histoire officielle. Le rôle des élites intellectuelles et médiatiques françaises face à ce massacre demeure en particulier très peu connu.

La presse et les intellectuels jouissent en France d’un prestige peu commun. Le refrain est connu : si la démocratie est aussi profondément enracinée en France, c’est grâce au rôle de la presse, de ses intellectuels médiatiques et des personnalités “engagées” à qui elle donne de la visibilité. Cette analyse est acceptée et ressassée à l’envie dans le débat public. Elle prend du plomb dans l’aile si on analyse le rôle des journalistes et “intellectuels” (le terme est anachronique car il apparaît avec l’Affaire Dreyfus) lors de la répression de la Commune de Paris, l’une des crises sociales les plus violentes de l’histoire de France.

La grande presse

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Mélenchon et le vote Macron : l’heure du chantage

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La fin de cette élection présidentielle atteint un niveau d’hystérie médiatico-politique et de propagande de haute voltige. Ce samedi 29 avril, le plateau de On n’est pas couché nous a livré un spectacle particulièrement grotesque : sous les applaudissements imbéciles, Moix a fustigé un Mélenchon soit disant « ni républicain ni démocrate », qualifié de « petit-dictateur en carton-pâte », tandis que la ridicule Burggraf nous confiait que Mélenchon l’avait « profondément déçue » (grand bien lui fasse !). Celle-ci allant même jusqu’à déclarer qu’elle voyait chez lui des relents de totalitarisme, sous prétexte qu’il avait refusé de reconnaître les résultats du premier tour, alors même que tous les bureaux de votes n’avaient pas terminé leur décompte. De la même manière, la cliquaille des intellectuels organiques du libéralisme, parmi lesquels BHL, Enthoven ou Barbier ont enfin pu trouver le moyen d’exister en déversant sur les ondes ou dans les chroniques papier du « monde libre », leur antifascisme événementiel de pleurniche et de pacotille…

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C’est que les anti-démocrates ne sont pas ceux que l’on croit. La France prend en ce moment des allures inquiétantes de république bananière.

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Front National : le parti anti-système propulsé par les médias

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©Rémi Noyon

Un récent rapport du CSA indique que Marine le Pen a été la seconde personnalité la plus médiatisée après Emmanuel Macron du 20 au 26 février. Cette information n’a pas manqué de surprendre : les médias sont l’une des cibles favorites du Front National. Les journalistes, de leur côté, ne mâchent pas leurs mots sur le Front National et multiplient reportages et analyses extrêmement critiques à son égard. Les relations entre le Front National et les médias seraient-elles plus complexes que ce qu’il n’y paraît ?

Marine le Pen et Florian Philippot : tapis rouge dans dans les médias pour critiquer les médias

Durant les élections présidentielles de 2012, le Front National a été le plus médiatisé de tous les partis politiques après le Parti Socialiste et l’UMP. Selon le rapport annuel du CSA, le Front National a occupé en moyenne 15,6% du temps d’audience des émissions politiques de TF1, Canal+, M6, Direct8 et TMC. C’est moins que le temps d’antenne dont ont bénéficié le Parti Socialiste et l’UMP. Mais c’est beaucoup plus, par exemple, que le temps qui a été accordé à Jean-Luc Mélenchon, alors candidat du Front de

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Comment les médias ont fabriqué le candidat Macron

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Quelques mois après son entrée au ministère de l’économie, Emmanuel Macron jouissait d’un niveau de popularité plutôt faible. En octobre 2014, seules 11% des personnes interrogées souhaitaient le voir jouer un rôle plus important dans la vie politique. Un an et demi plus tard, il conservait une cote de popularité très basse chez certaines catégories sociales : en mars 2016, seuls 6% seulement des ouvriers et 4% des artisans appréciaient le très libéral ministre de l’économie. Aujourd’hui, les « sondages » le considèrent régulièrement comme la personnalité politique préférée des Français. Que s’est-il passé entre-temps ? Quel rôle a joué la presse dans le basculement de l’opinion ?

Dans les premiers temps où Emmanuel Macron exerce le poste de Ministre de l’Economie, il ne fait pas encore la Une de tous les grands quotidiens. Vaguement connu du grand public, il est relativement peu apprécié. Ex-banquier chez Rothschild, libéral, bling-bling, instigateur d’une loi sur la dérégulation du travail plutôt mal reçue par les travailleurs : voilà comment Macron est vu par l’homme du commun. Commence alors la surexposition médiatique d’Emmanuel Macron. Choyé par les élites intellectuelles et journalistiques, il ne tarde pas à devenir un

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Les primaires du PS ou la médiacratie en action

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Capture ITélé / BFMTV

Dans un précédent article, nous expliquions que les primaires, loin de représenter une avancée démocratique comme le prétendent leurs promoteurs, remplissent avant tout une fonction de légitimation des deux partis traditionnels comme principales incarnations du clivage gauche-droite. L’attitude des médias de masse, co-organisateurs de la campagne des primaires, s’y révèle discutable d’un point de vue démocratique. En organisant directement les débats et en relayant abondamment la campagne des primaires de LR, du PS et affiliés, le système médiatique a légitimé et alimenté la stratégie électorale de ces partis au détriment d’autres formations politiques. Dernier exemple en date : la couverture médiatique des primaires du PS et de ses satellites.

Une grand-messe politico-médiatique

Les débats des primaires ont été directement organisés par les médias de masse qui ont tous largement apporté leur pierre à l’édifice : service public et médias privés, chaines généralistes et chaines d’information en continu, presse écrite et radio.

Le dernier débat de premier tour des primaires de la Belle Alliance Populaire a par exemple été organisé conjointement par France Télévisions (service public) et Europe 1 (Lagardère) tandis que le précédent débat était assuré par iTélé (Bolloré) et BFMTV et RMC (Weill-Drahi)

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