Tribune : Refuser l’Âge des Simulacres, par Jérôme Maucourant

La présente élection présidentielle, singulièrement son second tour, est assez étonnante, voire déconcertante. Pour y voir plus clair, j’ai jugé utile d’y réfléchir via l’œuvre de Philip K. Dick, ce grand écrivain de la science-fiction américaine des années 1960-1970 qui s’est souvent interrogé sur le caractère problématique de la réalité à l’ère contemporaine. Car c’est bien une réalité fuyante, insaisissable, qu’il nous faut affronter en notre ère postmoderne, contre les multiples pouvoirs d’influence sur consciences propre à notre monde ultra-capitaliste (ce texte à l’origine a été publié Paroles d’Actu, site animé par Nicolas Roche). Par Jérôme Maucourant, économiste.

Une prophétie américaine

Philip K. Dick  fut rendu célèbre, juste avant sa mort, grâce à une remarquable adaptation cinématographique de l’un de ses romans : Blade Runner. Il est également l’auteur de Simulacres (The Simulacra, 1964), autre œuvre de science-fiction d’une redoutable pertinence pour penser notre monde contemporain. Pas simplement parce qu’on y voit le dernier psychanalyste en exercice : notre monde n’est-il pas celui où la quête de soi a cédé le pas à la recherche de simples techniques efficaces d’influence sur soi comme sur autrui ? Dans ce monde sans âme existe un

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