Étudier Gramsci, suivre le guide, lire Tosel

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Portrait peint d’Antonio Gramsci ©Thierry Ehrmann

André Tosel nous a quitté il y a un an. Il a porté seul sur ses épaules pendant trois decennies la recherche sur Gramsci pendant les années d’apathie libérale. Il fut respecté comme un maître par beaucoup de jeunes chercheurs de tous les continents, estimé comme un pair éminent par les plus grands chercheurs gramsciologues réunis dans l’International Gramsci society (IGS) dans le bulletin duquel cet article fut initialement publié. Il a laissé son livre Étudier Gramsci comme un testament politico-philosophique pour les jeunes générations, en pleine renaissance gramscienne. Anthony Crézégut, doctorant à Sciences-po travaillant sur la réception de Gramsci en France au XX ème siècle, nous propose un article exigeant mais accessible, qui fournit des clés de lecture de ce dernier ouvrage fondamental, un retour sur le parcours courageux de Tosel dans la prison d’oubli qu’a subi le gramscisme français depuis les années 1980, enfin des éléments de son travail pionnier sur Gramsci et le gramscisme. Pour Étudier Gramsci, il faut suivre le guide, donc lire Tosel.

Sortir Gramsci de sa prison d’ignorance

Liberté vespérale et prisons imaginaires

Un doux morceau de « liberté vespérale », telle est la formule de Kundera qui nous vient[1] lorsqu’on referme le dernier

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Découvrez le programme de notre Université d’été ! 28-29 juin 2019

L'histoire recommence

Vendredi 28 et samedi 29 juin 2019, LVSL organisera son Université d’été. Après le succès de l’an dernier, cette seconde édition, baptisée “L’Histoire recommence” comprendra huit conférences au cours desquelles viendront débattre une vingtaine d’intervenants. Elle se déroulera dans l’amphithéâtre Richelieu situé au 17 rue de la Sorbonne, en plein cœur du quartier latin. Découvrez le programme ci-dessous et prenez vite vos billets sur la billetterie HelloAsso en cliquant ici !

Vendredi 28 juin

9h30 accueil des participants.

1) La transition écologique est-elle compatible avec la démocratie ? | 10h-12h

Avec David Djaiz, Lucile Schmid et Karima Delli.

2) Après les gilets jaunes | 12h-14h

Avec Emmanuel Todd, François Boulo, Raquel Garrido et Antoine Cargoet.

3) L’Europe dans l’impasse ? | 14h30-16h30

Avec Aurore Lalucq, Osons Causer et Antoine Vauchez.

4) Féminisme et populisme sont-ils compatibles ? | 16h30-18h30

Avec Clémentine Autain et Clara Serra.

Diffusion du film Le chant du loup | 20h30

En présence du réalisateur Antonin Baudry au cinéma Le Grand Action, 5 rue des écoles.

Samedi 29 juin

5) Le Brexit aura-t-il lieu ? | 9h30-11h

Avec Jean-Pierre Chevènement, Coralie Delaume et David Cormand.

6) Le changement est-il encore possible ? | 11h-13h

Avec Íñigo Errejón.

7) Aéroports

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Nathan Sperber : « Pour Gramsci, le combat est beaucoup plus vaste qu’un simple assaut »

©Vincent Plagniol
Nathan Sperber à l’université d’été de Le Vent Se Lève le 15 juillet 2018 ©Vincent Plagniol

Nathan Sperber est socio-économiste, chercheur à l’université de Fudan à Shanghaï et co-auteur avec George Hoare d’une Introduction à Antonio Gramsci (La Découverte, 2013, 128p). Dans cet entretien, nous avons voulu l’interroger sur les concepts essentiels du penseur sarde tels qu’il les a développés dans ses Cahiers de prison. Propos recueillis par Antoine Cargoet, retranscription réalisée par Marie-France Arnal.

LVSL – La pensée de Gramsci connaît un regain de popularité parmi les intellectuels et les leaders politiques. Dans leur esprit, son apport se résume souvent à la “bataille culturelle” définie comme une lutte pour s’approprier les mots et les imposer. Pouvez-vous revenir sur la place qu’occupe la culture dans la création d’une hégémonie chez Gramsci ?

Nathan Sperber – Pour répondre à cette question, il faut revenir sur la notion d’hégémonie elle-même. L’hégémonie a trait à quelque chose de plus vaste qu’une dynamique qui opère dans la sphère de la culture. Fondamentalement, c’est une manière d’exercer le pouvoir dans une société et par là même de transformer cette société. C’est une relation qui opère entre ceux qui exercent le pouvoir et l’ensemble de la société, et qui parvient, dans une certaine mesure, à faire consensus,

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Mouvement, parti et pouvoir populaire

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Manifestation de soutien au gouvernement du Venezuela, 2017 © teleSUR

Il semble que les partis politiques n’aient jamais eu aussi mauvaise presse. Réputés temples de la corruption et du carriérisme, gangrenés par les querelles intestines, ils se voient progressivement substituer des formes d’organisation que l’on nomme volontiers « mouvements ». Autrefois largement cantonné à la droite, ce refus du parti se répand dangereusement à gauche, sous diverses formes parfois purement nominales mais souvent accompagnées de conséquences pratiques bien réelles et fondées sur des doctrines accordant une place démesurée au rôle politique des affects. A l’heure « d’Aufstehen ! » et de la France Insoumise, revenir sur le rôle de la raison en politique ainsi que sur la fonction historique des partis et sur les mécanismes de dépossession doit nous permettre d’insister sur l’importance fondamentale d’organisations structurées et démocratiques orientées vers la prise de pouvoir des classes populaires. Par Mathis Bernard.

Chacun a en tête des exemples fameux de partis ouvriers et populaires qui ont marqué l’histoire, au premier rang desquels l’énorme Parti Communiste Français, qui compta jusqu’à 700 000 membres revendiqués à la fin des années 70. Ces organisations massives et hiérarchisées ont fasciné les sociologues : quantités de travaux leur sont consacrés, et les premiers ouvrages de sociologie politique étaient dédiés à ces organisations entièrement nouvelles

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Íñigo Errejón : “On gagne lorsque l’on cesse d’être le candidat de la gauche pour devenir celui de la dignité et de la souveraineté nationale”

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Íñigo Errejón lors de son intervention à l’Université d’été du média Le Vent Se Lève : la conquête du pouvoir d’Etat. Crédits : Ulysse Guttmann-Faure

Un an s’est écoulé depuis notre premier grand entretien avec Íñigo Errejón. En France comme en Espagne, le paysage politique a profondément évolué. La question catalane, l’émergence de Ciudadanos, les grandes manifestations féministes et la destitution de Mariano Rajoy au profit de Pedro Sánchez laissent entrevoir une société qui reste en ébullition. Dans les coulisses de notre Université d’été, nous avons saisi l’occasion de dresser le bilan de ce nouveau panorama et de l’actualité de l’hypothèse populiste. Autre question de fond, les mouvements qui s’étaient approprié la rhétorique d’opposition entre le peuple et l’oligarchie en s’éloignant de la gauche semblent progressivement revenir à une identité de gauche. Quel sera le destin de ces forces ? Entretien réalisé par Laura Chazel et Lenny Benbara.

LVSL – La relation entre Podemos et le PSOE semble s’être apaisée. Le moment destituant au cours duquel vous fustigiez le « PPSOE » et opposiez la caste au peuple semble derrière vous, comme si le populisme de Podemos avait été mis de côté. Diriez-vous que le moment populiste s’arrête lorsque l’on entre dans l’arène institutionnelle ? Peut-on tenir un discours populiste depuis les institutions ?

Íñigo Errejón – Nous avons assez peu réfléchi à la manière dont

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Gramsci et la question de l’hégémonie

Crédits photos
De gauche à droite : Marie Lucas, Antoine Cargoet et Nathan Sperber.

Vous n’avez pas pu assister à notre Université d’été ? Revisionnez le débat autour de Gramsci et de la question de l’hégémonie. Nous recevions Nathan Sperber, socio-économiste et co-auteur d’une Introduction à Antonio Gramsci, et Marie Lucas, normalienne agrégée en italien qui effectue ses recherches sur Gramsci.

Crédits photos : ©Vincent Plagniol

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Découvrez le programme de notre université d’été ! 13-14-15 juillet

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Les 13, 14 et 15 juillet 2018, LVSL a organisé son université d’été à l’espace Main d’Oeuvres à Saint-Ouen. Cette première édition de notre Université d’été, intitulée “Le Vent Du Changement”, a pris la forme d’une série de tables-rondes et de débats autour de thématiques cruciales pour les forces progressistes.

L’ensemble des conférences sont désormais disponibles sur notre chaîne YouTube, vous pouvez y accéder en cliquant sur les liens ci-dessous.

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Le programme

VENDREDI 13 JUILLET

10h – Accueil

10h30 à 12h – Le populisme est-il devenu une norme en Europe // Jorge Lago (Podemos), Elsa Faucillon (PCF), Boris Vallaud (PS) et Samuele Mazzolini (Senso Comune)

12h15 à 13h45 – L’Europe, mère des discordes // Julien Bayou (EELV), Coralie Delaume (essayiste), Manuel Bompard (LFI) et Raoul Hedebouw (PTB).

Pause déjeuner

14h30 à 16h – Les Réseaux Sociaux au cœur de la bataille culturelle // Le Fil d’Actu, Apolitiquement correct, Antoine Léaument (LFI).

16h15 à 17h45 – A-t-on abandonné les services publics et les classes populaires ? // Emmanuel Maurel

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Le populisme fleurit là où on masque la lutte des classes – Entretien avec Guillaume Roubaud-Quashie

Crédits photo
Guillaume Roubaud Quashie, directeur de la revue Cause Commune

Directeur de la revue Cause Commune, Guillaume Roubaud-Quashie est membre de la direction du PCF. A ce titre, il a dirigé l’organisation de la dernière université d’été du parti, lors de laquelle le populisme est entré au coeur des débats.

Vous êtes directeur de la revue Cause Commune, éditée par le PCF et auparavant intitulée La Revue du projet. Pourquoi ce changement de nom ? S’agit-il, aussi, d’un changement de projet ?

Plus que d’un changement de nom, il s’agit d’un changement de perspective. La Revue du Projet, comme son nom l’indique, portait essentiellement sur la question du projet du Parti communiste. Mais ce dont le Parti communiste a besoin va au-delà : c’est de faire davantage parti, c’est-à-dire, de mettre davantage en coordination les différentes forces, les différences expériences pratiques, théoriques et politiques. Et pour mettre en coordination ce qui reste sans doute la première force militante du pays, cela demande un peu d’organisation. De ce point de vue, la revue a un objectif de convergence. Pourquoi une revue pour le Parti communiste ? Pour offrir aux communistes la possibilité de savoir ce qui se fait, ce qui se travaille, ce qui se cherche. Pour permettre aux communistes de

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Petite introduction au populisme de gauche

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Chantal Mouffe en conférence ©Columbia GSAPP

Populiste !” Aujourd’hui c’est devenu l’accusation facile, utilisée à tort et à travers et balancée au détour d’une phrase, souvent pour discréditer. Mais voilà, le populisme ça ne se résume pas à brosser le peuple dans le sens du poil en lui tenant des propos flatteurs pour se faire élire. Le populisme constitue une véritable stratégie politique qui est aujourd’hui plus que nécessaire pour renouveler une démocratie mal en point et aseptisée. Dans cette période de transition politique, le populisme guette, d’un Bernie Sanders à un Jeremy Corbyn, en passant par des leaders sud-américains et Podemos, il attend son heure. Place au remède populiste.

La tyrannie d’un consensus bidon

Aujourd’hui, dans un contexte d’hégémonie libérale où la moindre parole contre le libéralisme et l’orthodoxie économique est pointée du doigt comme un blasphème, quand on croise le mot « populiste » dans un article ou dans la bouche d’un de ces commentateurs indéboulonnables, c’est souvent pour signifier que la personne en question est démagogue. Un peu partout, en France, en Espagne ou aux Etats-Unis, on assiste au même cinéma des guignols médiatiques. Ces commentateurs là n’ambitionnent qu’une seule chose, discréditer toute volonté de redonner

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