Peut-on espérer un candidat d’union de la gauche ?

© Marion Germa. Benoît Hamon avec plusieurs élus et militants à la tribune à la fin de son meeting à Saint-Denis (Août 2016).

La rentrée politique voit s’accroître les réflexions et manœuvres visant à éviter à la gauche la réédition du naufrage électoral vécu en 2017 : comment aborder la seule élection qui compte vraiment en France, l’élection présidentielle, en se mettant d’accord sur un candidat pouvant au moins atteindre la finale. Le « cartel de la revanche » semble se dessiner sur le papier, mais seulement sur le papier des journaux qui ont souligné à l’envi l’arithmétique des résultats aux élections municipales. Un cartel « logique » n’en fait pas un cartel de fait, et l’addition de partis politiques ne constitue pas un mouvement capable de gagner l’élection présidentielle. Par Yannick Prost, Président de l’Association Services Publics et maître de conférences à Sciences Po.

Le nouveau cartel de gauche pourrait, au mieux, dégager un compromis pour soutenir un personnage comme plus petit commun dénominateur, suscitant le moins d’appréhensions ou de ressentiment au sein des dirigeants (si désigné par accord), des militants ou du peuple de gauche (selon le type de primaire). Or, l’alliance, pleine d’arrière-pensées, de forces disparates et relativement affaiblies ne constitue pas une organisation capable de conquérir, puis d’exercer le pouvoir. Tout prétendant à la victoire présidentielle aujourd’hui reste sous l’effet sidérant de l’initiative du

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Le grand retour de la gauche plurielle

https://www.youtube.com/watch?v=L9soeWTdflY
Les Bisounours, épisode « Les Bisounours n’aiment pas les tricheurs » / Capture YouTube / DR https://www.youtube.com/watch?v=L9soeWTdflY

Tout commence comme dans Baron Noir, mais il y a fort à parier que ça finisse autrement. À gauche, on n’en finit pas de s’extasier devant la divine surprise des élections municipales et on anticipe déjà la résurrection de cette gauche plurielle dont les Français rêvent secrètement. L’offensive est lancée : ces prochains mois, les pétitions succéderont aux tribunes, et les palabres aux discussions ; bientôt on rejouera le congrès du Globe et puis celui d’Épinay ! Et après ? L’union et la victoire. Si l’on met de côté le calendrier, les intérêts divergents, les circonstances, les chiffres et la prise en compte de la réalité, rien ne résiste au retour triomphant de la gauche plurielle.

Le songe d’une nuit d’été…

Quelle soirée ! La gauche a pris Bordeaux, arrive en tête à Marseille, Lyon est arrachée par les écologistes, et il faudrait encore parler de Paris, Besançon, Poitiers ou Strasbourg. À vrai dire, certaines victoires font plaisir et marquent effectivement des ruptures locales importantes. Les ères Gaudin ou Collomb se referment et le basculement de Bordeaux est spectaculaire quand on pense que, depuis 1947, la mairie a eu pour seuls locataires Alain Juppé et Jacques Chaban-Delmas. Alors on célèbre, et on

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Un avant-propos à une histoire du CERES – par Didier Motchane

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Didier MOTCHANE in plenary session in Strasbourg – April 1985. ©Communautés européennes 1985

Le présent texte est une introduction à une histoire du CERES écrite par Didier Motchane, disparu le 29 octobre 2017. Si l’ouvrage historique relatif au CERES reste à écrire, ce texte fournira néanmoins des clés de compréhension. Didier Motchane a été l’un des fondateurs du CERES, le Centre d’Etudes, de Recherche et d’Education Socialiste, avec Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Pierre Guidoni ou Jacques-Arnaud Penant et quelques autres qui les rejoignirent au fil des années. Il en a été le charismatique théoricien, auteur en 1972 de Clés pour le Socialisme. Au fil des années 1970, il anima évidemment le CERES et ses revues (Frontière, Repères…) et fut en charge des relations avec le tiers-monde au PS.

On sait le rôle déterminant du CERES dans le Congrès d’Epinay de juin 1971. On sait aussi sa place dans la construction de l’Union de la Gauche à partir de 1972. Didier Motchane fut ainsi, avec Pierre Joxe, le co-rédacteur de la motion de synthèse d’Epinay, c’est-à-dire du véritable texte fondateur du PS, celui qui consacrait l’Union de la Gauche comme objectif stratégique en vue de la transition au socialisme. La pensée de Didier Motchane et celle du CERES sont ainsi

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